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Le Conseil de Paris s’apprête à voter une nouvelle augmentation des impôts locaux, une décision qui suscite une vive opposition. En cause, la hausse des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), communément appelés « frais de notaire », qui passeraient de 4,5 % à 5 % dès le 1er avril 2025. Cette mesure, bien que facultative pour les collectivités, a été immédiatement adoptée par la majorité d’Anne Hidalgo, soucieuse de trouver de nouvelles ressources pour financer le budget de la capitale.

L’opposition municipale, emmenée par Rachida Dati et le groupe Changer Paris, fustige cette nouvelle ponction fiscale qui, selon elle, pénalisera encore davantage les classes moyennes et le marché immobilier déjà en difficulté. Ils rappellent que la taxe foncière avait déjà augmenté de 62 % en 2023 et dénoncent une gestion budgétaire « hors de contrôle ». « La gauche parisienne a coulé les finances de la Ville et préfère augmenter encore une fois les impôts plutôt que de faire des économies », martèle Rachida Dati, qui appelle à un audit complet des finances municipales.

Pour la mairie, cette hausse est justifiée par la nécessité d’assurer le financement des services publics et des investissements dans la ville. Paul Simondon, adjoint aux finances, assume pleinement la décision et souligne que « tous les départements vont appliquer cette mesure ». En clair, la majorité socialiste considère cette hausse comme inévitable et insiste sur son impact limité pour les primo-accédants, qui en seront exonérés.

Concrètement, cette décision aura un impact direct sur les acheteurs immobiliers parisiens. L’acquisition d’un bien à 300 000 euros coûtera 1 500 euros de plus en frais, tandis qu’un bien de 600 000 euros entraînera une charge supplémentaire de 3 000 euros. Une augmentation qui risque d’aggraver le ralentissement du marché immobilier parisien, déjà marqué par une baisse des transactions et une chute des prix ces derniers mois.

Au-delà de cette hausse, c’est la situation financière de la Ville qui inquiète. L’opposition affirme que la dette municipale atteindra 12 milliards d’euros d’ici la fin 2025, un chiffre contesté par l’exécutif qui l’évalue à 9,3 milliards. Une chose est sûre : les dépenses de la mairie ont explosé ces dernières années, malgré une augmentation de plus de 36 % des recettes fiscales depuis 2013.

Cette nouvelle augmentation des impôts locaux s’inscrit dans un climat politique tendu à Paris, alors que les municipales de 2026 approchent. Si la majorité municipale défend la nécessité d’assurer le financement des infrastructures et des services publics, l’opposition y voit un aveu d’échec et une preuve de l’incapacité d’Anne Hidalgo à gérer les finances de la capitale sans alourdir la pression fiscale sur les Parisiens.

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