Les Italiens se rendront aux urnes dimanche 8 et lundi 9 juin pour se prononcer sur cinq questions référendaires majeures, portant notamment sur l’assouplissement des conditions d’accès à la citoyenneté italienne et sur l’abrogation partielle d’une réforme du travail datant de dix ans. Si les enjeux sont considérables, tant sur le plan social que politique, la participation pourrait s’avérer insuffisante pour valider le scrutin.
Le référendum, porté par les partis d’opposition de gauche, des groupes de la société civile et le puissant syndicat CGIL, a été convoqué après la collecte de plus de 4,5 millions de signatures. Parmi les cinq questions soumises au vote, quatre concernent le marché du travail – avec notamment l’objectif de renforcer la protection contre les licenciements – et une vise à réduire de dix à cinq ans la durée de résidence requise pour demander la citoyenneté italienne par naturalisation.
Pourtant, l’avenir du référendum demeure incertain : la Constitution italienne impose une participation d’au moins 50 % des électeurs plus un pour que le résultat soit contraignant. Or, selon un sondage Demopolis, la participation pourrait se situer entre 31 et 39 %, bien en deçà du seuil requis. Le gouvernement de Giorgia Meloni a clairement affiché son opposition au scrutin, appelant de fait à l’abstention. La cheffe du gouvernement a indiqué qu’elle se rendrait au bureau de vote, mais sans glisser de bulletin dans l’urne. Plusieurs membres de sa coalition, dont Antonio Tajani (Forza Italia) et Matteo Salvini (Ligue), ont annoncé qu’ils n’iraient pas voter.
La question de la citoyenneté concentre une part importante des débats dans un pays où les tensions sur l’immigration ont largement contribué à l’ascension politique de Meloni. Si la réforme était adoptée, environ 2,5 millions de résidents étrangers pourraient bénéficier d’une voie accélérée vers la nationalité. Pour les partisans du référendum, il s’agit d’une réponse urgente au vieillissement de la population et à la pénurie de main-d’œuvre. « Cinq ans, c’est un énorme progrès pour nous, comparé à dix », a témoigné Mohammed Kamara, un ouvrier sierra-léonais installé à Rome.
Côté économique, les employeurs eux-mêmes pressent le gouvernement d’assouplir les règles afin de pallier les pénuries dans des secteurs essentiels comme l’industrie. Mais Meloni doit ménager sa base électorale, pour qui la question de l’identité culturelle prime. Un équilibre difficile à maintenir, à l’image de ce scrutin qui pourrait servir à jauger les rapports de force politiques plus qu’à produire des effets législatifs immédiats.