L’Autriche reste dans l’incertitude politique après l’échec des négociations entre l’extrême droite et les conservateurs. Herbert Kickl, chef du Parti de la liberté (FPÖ), arrivé en tête des législatives de septembre avec près de 29 % des voix, a annoncé mercredi soir qu’il renonçait à former un gouvernement avec l’ÖVP.
Les tensions entre les deux partis étaient trop fortes, notamment sur la répartition des ministères. Le FPÖ réclamait le portefeuille de l’Intérieur, une demande jugée inacceptable par les conservateurs, qui se souviennent des tensions avec les services de renseignement occidentaux lorsque l’extrême droite dirigeait ce ministère en 2017. Par ailleurs, l’ÖVP exigeait un engagement clair contre la Russie, une condition que le FPÖ, accusé de proximité avec Moscou, refusait d’accepter.
Face à l’impasse, Christian Stocker, chef des conservateurs, a dénoncé « l’intransigeance » et la « soif de pouvoir » du FPÖ, tandis que Kickl a fustigé un parti refusant « un partenariat d’égal à égal ». L’option d’une coalition « tout sauf Kickl », réunissant la droite, la gauche et les libéraux, ayant également échoué, le président Alexander Van der Bellen va devoir trancher.
Plusieurs scénarios sont envisagés : gouvernement minoritaire, cabinet d’experts ou nouvelles élections. L’hypothèse d’un retour aux urnes inquiète cependant l’ÖVP, qui chute dans les sondages à 18 %, derrière les sociaux-démocrates et un FPÖ qui grimpe à 35 %. Pendant ce temps, l’Autriche, en pleine crise économique, attend toujours un budget pour 2025.