Les premiers Afrikaners accueillis aux États-Unis malgré le gel global des réfugiés par Trump
Les premiers Afrikaners accueillis aux États-Unis malgré le gel global des réfugiés par Trump

WASHINGTON, 10 mai 2025 — L’administration Trump s’apprête à accueillir dès la semaine prochaine un premier groupe d’environ 50 Sud-Africains blancs dans le cadre de son programme d’accueil des réfugiés, ont indiqué à Reuters plusieurs sources proches du dossier. Cette opération, très ciblée, contraste fortement avec le gel quasi total de la réinstallation des réfugiés en provenance d’autres régions du monde imposé depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier.

Les réfugiés, tous Afrikaners — descendants des colons européens en Afrique du Sud —, devraient atterrir à l’aéroport international de Washington-Dulles à bord d’un vol affrété spécialement pour l’occasion. Ils participeront à une conférence de presse avant de se rendre dans leurs nouveaux États d’accueil, parmi lesquels le Minnesota, l’Idaho et l’Alabama. Toutefois, plusieurs sources ont averti que l’arrivée pourrait être de nouveau retardée, l’appareil charter n’ayant pas encore reçu son autorisation d’atterrissage.

Cette décision suscite la controverse, notamment parce qu’elle repose sur l’idée que les Afrikaners seraient victimes de « discrimination raciale injuste », une affirmation largement diffusée dans les cercles d’extrême droite et reprise publiquement par des figures comme Elon Musk. L’administration sud-africaine a vivement réagi, accusant Washington d’instrumentaliser la question des réfugiés à des fins politiques, en ignorant l’héritage du colonialisme et de l’apartheid encore prégnant dans le pays.

Le programme d’accueil a été défendu par Stephen Miller, conseiller influent de Trump en matière d’immigration, qui affirme que les critères de persécution raciale sont « clairement remplis » dans le cas des Afrikaners. En février, Trump avait lui-même annoncé vouloir donner la priorité à leur réinstallation, les qualifiant de « communauté opprimée » sans fournir de données officielles.

La démarche contraste fortement avec la politique de suspension quasi générale des admissions de réfugiés, Trump ayant exigé que les candidats démontrent leur capacité à « s’intégrer pleinement » à la société américaine. En pratique, cela a réduit à néant l’accueil des réfugiés venant de zones de guerre comme la Syrie, le Yémen ou la République démocratique du Congo.

Selon la Review of Political Economy, un foyer blanc en Afrique du Sud détient en moyenne 20 fois plus de richesse qu’un foyer noir, mettant en perspective les revendications de persécution. Pourtant, plusieurs Afrikaners auditionnés par les services d’immigration américains ont évoqué des inquiétudes liées à la criminalité, aux conflits fonciers et à ce qu’ils perçoivent comme un racisme systémique à leur encontre.

Alors que le Minnesota — historiquement favorable à l’accueil de réfugiés — figure parmi les destinations privilégiées, certains membres du groupe préfèrent s’installer dans des États conservateurs tels que l’Alabama ou l’Idaho. Les raisons logistiques d’un vol affrété, beaucoup plus onéreux que des billets commerciaux, n’ont pas été précisées par les autorités.

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