L’ex-sénateur démocrate du New Jersey, Bob Menendez, a été incarcéré mardi dans une prison fédérale de Pennsylvanie pour commencer à purger une peine de 11 ans de réclusion pour corruption. Condamné pour avoir accepté des pots-de-vin sous forme de lingots d’or, d’espèces et pour avoir agi comme agent au service de l’Égypte, l’ancien parlementaire, jadis influent à Washington, est devenu une figure de scandale, surnommée « Gold Bar Bob » par son propre avocat.
Le Bureau fédéral des prisons a confirmé que Menendez, 71 ans, avait été placé en détention au centre correctionnel fédéral de Schuylkill, un établissement situé à environ 190 kilomètres à l’ouest de New York. L’infrastructure comprend à la fois une prison de sécurité moyenne et un camp à sécurité minimale. Compte tenu du caractère non violent et financier de ses infractions, Menendez devrait probablement être affecté au camp.
L’ex-sénateur a jusqu’à présent maintenu son innocence, bien qu’un tribunal fédéral ait rejeté la semaine dernière sa dernière tentative pour rester en liberté sous caution en attendant de contester sa condamnation. Lors de son audience de condamnation en janvier, il avait demandé la clémence, reconnaissant des erreurs, mais affirmant avoir « fait bien plus de bien que de mal ».
Depuis sa condamnation, Menendez semble avoir entamé un rapprochement politique avec Donald Trump, multipliant les critiques envers le système judiciaire et exprimant son espoir que le président républicain « nettoie le marécage ». Sur le réseau social X, dans des publications rapidement supprimées, il a accusé les procureurs d’avoir agi par motivations politiques et salué Trump pour avoir « résisté à l’acharnement judiciaire ».
Menendez a quitté le Sénat en 2024, un mois après sa condamnation. Selon les procureurs, il aurait reçu près de 500 000 dollars en liquide, des lingots d’or estimés à 150 000 dollars et une voiture de luxe, en échange de divers services politiques rendus à des hommes d’affaires du New Jersey. Il aurait notamment protégé certains d’entre eux de poursuites, facilité des contrats internationaux et collaboré avec des responsables du renseignement égyptien pour permettre à l’Égypte d’obtenir 300 millions de dollars d’aide militaire américaine.
Son épouse, Nadine Menendez, a également été reconnue coupable en avril de complicité dans ce système de corruption. Elle doit être condamnée le 11 septembre prochain. L’affaire a éclipsé les décennies de carrière politique de Menendez, autrefois président influent de la commission des Affaires étrangères du Sénat, et l’a durablement discrédité dans l’opinion publique américaine.