KINSHASA, 23 mai 2025 — Le Sénat de la République démocratique du Congo a voté dans la nuit de jeudi à vendredi la levée de l’immunité parlementaire de l’ancien président Joseph Kabila, ouvrant la voie à des poursuites judiciaires pour son implication présumée dans des crimes contre l’humanité liés à l’insurrection du groupe rebelle M23 dans l’est du pays.
Le vote, largement favorable, s’est soldé par 88 voix contre 5 lors d’un scrutin à bulletin secret. Cette décision marque une étape inédite dans l’histoire politique du pays, visant pour la première fois un ancien chef de l’État pour son rôle supposé dans des violences armées ayant causé la mort de civils et de membres du personnel congolais.
Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2018, nie fermement tout lien avec le M23. Depuis fin 2023, il réside principalement en Afrique du Sud, alors que les autorités congolaises ont engagé des procédures pour suspendre son parti politique et saisir les biens de ses principaux dirigeants.
L’est du Congo reste en proie à une instabilité chronique, avec de vastes zones désormais sous contrôle du M23, un groupe armé soutenu par le Rwanda selon Kinshasa. Kabila a récemment exprimé son intention de rentrer au pays pour « aider à résoudre la crise », un retour qui pourrait selon certains observateurs aggraver la complexité diplomatique et sécuritaire de la situation.
Cette levée d’immunité intervient alors que l’administration américaine de Donald Trump intensifie ses efforts pour favoriser un accord de paix dans la région, en lien avec des projets d’investissements massifs dans l’exploitation des ressources minières critiques du Kivu. Selon Massad Boulos, conseiller du président Trump pour l’Afrique, Washington espère voir un traité signé d’ici l’été, accompagné d’accords commerciaux stratégiques.
Joseph Kabila avait accédé au pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila. En 2016, il avait refusé de quitter la présidence à la fin de son mandat, provoquant une crise politique majeure. Il avait finalement accepté de quitter le pouvoir après les élections de 2018, cédant sa place à Félix Tshisekedi.