**L’Allemagne plaide pour un accord européen sur les expulsions vers des pays tiers** BERLIN — Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré espérer qu’un accord à l’échelle de l’Union européenne permettra bientôt le renvoi systématique des demandeurs d’asile déboutés vers des pays tiers sûrs proches de leur pays d’origine. Une mesure que Berlin juge nécessaire pour maîtriser les flux migratoires, au cœur des préoccupations électorales en Allemagne. Dans un entretien publié samedi par le journal *Welt am Sonntag*, Dobrindt a souligné que cette politique ne pourrait être mise en œuvre que dans le cadre d’un consensus européen. « Aucun État membre de l’UE ne peut créer ce modèle seul : il faudra le faire à l’échelle européenne », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Allemagne travaillait activement à en poser les fondations. Le chancelier conservateur Friedrich Merz est arrivé au pouvoir en février dernier, porté par une campagne axée sur le durcissement des politiques migratoires. Son gouvernement souhaite répondre aux préoccupations d’une partie de la population qui estime que la situation migratoire reste hors de contrôle, malgré une baisse des arrivées depuis plus d’un an. La proposition de la Commission européenne, présentée plus tôt ce mois-ci, prévoit la possibilité pour les États membres de rejeter automatiquement les demandes d’asile de migrants ayant transité par un pays tiers jugé « sûr » avant d’atteindre l’Union. Mais ce projet, qui suscite une vive opposition de la part des ONG et des défenseurs des droits humains, n’a pas encore été validé par les États membres ni par le Parlement européen. Dobrindt estime que des pays tiers devront accepter d’accueillir des personnes qui, bien que déboutées du droit d’asile, ne peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine pour des raisons humanitaires ou politiques. Il n’a toutefois pas précisé quels États pourraient être concernés. Des initiatives similaires ailleurs en Europe rencontrent des difficultés. Le projet italien d’externalisation du traitement des demandes d’asile en Albanie fait actuellement l’objet de recours judiciaires. Quant au plan britannique d’envoyer les demandeurs d’asile au Rwanda, il a été abandonné en 2024 par le Premier ministre Keir Starmer, fraîchement élu, qui a dénoncé une politique inefficace et inhumaine. Face aux critiques croissantes, le gouvernement allemand cherche à équilibrer fermeté et respect du droit international. Mais l’enjeu reste hautement politique à l’approche des élections européennes, où la question migratoire pourrait de nouveau s’inviter au cœur du débat.
**L’Allemagne plaide pour un accord européen sur les expulsions vers des pays tiers** BERLIN — Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré espérer qu’un accord à l’échelle de l’Union européenne permettra bientôt le renvoi systématique des demandeurs d’asile déboutés vers des pays tiers sûrs proches de leur pays d’origine. Une mesure que Berlin juge nécessaire pour maîtriser les flux migratoires, au cœur des préoccupations électorales en Allemagne. Dans un entretien publié samedi par le journal *Welt am Sonntag*, Dobrindt a souligné que cette politique ne pourrait être mise en œuvre que dans le cadre d’un consensus européen. « Aucun État membre de l’UE ne peut créer ce modèle seul : il faudra le faire à l’échelle européenne », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Allemagne travaillait activement à en poser les fondations. Le chancelier conservateur Friedrich Merz est arrivé au pouvoir en février dernier, porté par une campagne axée sur le durcissement des politiques migratoires. Son gouvernement souhaite répondre aux préoccupations d’une partie de la population qui estime que la situation migratoire reste hors de contrôle, malgré une baisse des arrivées depuis plus d’un an. La proposition de la Commission européenne, présentée plus tôt ce mois-ci, prévoit la possibilité pour les États membres de rejeter automatiquement les demandes d’asile de migrants ayant transité par un pays tiers jugé « sûr » avant d’atteindre l’Union. Mais ce projet, qui suscite une vive opposition de la part des ONG et des défenseurs des droits humains, n’a pas encore été validé par les États membres ni par le Parlement européen. Dobrindt estime que des pays tiers devront accepter d’accueillir des personnes qui, bien que déboutées du droit d’asile, ne peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine pour des raisons humanitaires ou politiques. Il n’a toutefois pas précisé quels États pourraient être concernés. Des initiatives similaires ailleurs en Europe rencontrent des difficultés. Le projet italien d’externalisation du traitement des demandes d’asile en Albanie fait actuellement l’objet de recours judiciaires. Quant au plan britannique d’envoyer les demandeurs d’asile au Rwanda, il a été abandonné en 2024 par le Premier ministre Keir Starmer, fraîchement élu, qui a dénoncé une politique inefficace et inhumaine. Face aux critiques croissantes, le gouvernement allemand cherche à équilibrer fermeté et respect du droit international. Mais l’enjeu reste hautement politique à l’approche des élections européennes, où la question migratoire pourrait de nouveau s’inviter au cœur du débat.

BERLIN — Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré espérer qu’un accord à l’échelle de l’Union européenne permettra bientôt le renvoi systématique des demandeurs d’asile déboutés vers des pays tiers sûrs proches de leur pays d’origine. Une mesure que Berlin juge nécessaire pour maîtriser les flux migratoires, au cœur des préoccupations électorales en Allemagne.

Dans un entretien publié samedi par le journal Welt am Sonntag, Dobrindt a souligné que cette politique ne pourrait être mise en œuvre que dans le cadre d’un consensus européen. « Aucun État membre de l’UE ne peut créer ce modèle seul : il faudra le faire à l’échelle européenne », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Allemagne travaillait activement à en poser les fondations.

Le chancelier conservateur Friedrich Merz est arrivé au pouvoir en février dernier, porté par une campagne axée sur le durcissement des politiques migratoires. Son gouvernement souhaite répondre aux préoccupations d’une partie de la population qui estime que la situation migratoire reste hors de contrôle, malgré une baisse des arrivées depuis plus d’un an.

La proposition de la Commission européenne, présentée plus tôt ce mois-ci, prévoit la possibilité pour les États membres de rejeter automatiquement les demandes d’asile de migrants ayant transité par un pays tiers jugé « sûr » avant d’atteindre l’Union. Mais ce projet, qui suscite une vive opposition de la part des ONG et des défenseurs des droits humains, n’a pas encore été validé par les États membres ni par le Parlement européen.

Dobrindt estime que des pays tiers devront accepter d’accueillir des personnes qui, bien que déboutées du droit d’asile, ne peuvent être renvoyées dans leur pays d’origine pour des raisons humanitaires ou politiques. Il n’a toutefois pas précisé quels États pourraient être concernés.

Des initiatives similaires ailleurs en Europe rencontrent des difficultés. Le projet italien d’externalisation du traitement des demandes d’asile en Albanie fait actuellement l’objet de recours judiciaires. Quant au plan britannique d’envoyer les demandeurs d’asile au Rwanda, il a été abandonné en 2024 par le Premier ministre Keir Starmer, fraîchement élu, qui a dénoncé une politique inefficace et inhumaine.

Face aux critiques croissantes, le gouvernement allemand cherche à équilibrer fermeté et respect du droit international. Mais l’enjeu reste hautement politique à l’approche des élections européennes, où la question migratoire pourrait de nouveau s’inviter au cœur du débat.

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