La séance du conseil municipal de Boulogne-Billancourt a viré à l’affrontement jeudi soir, entraînant la mise en retrait temporaire du maire Pierre-Christophe Baguet (LR). Le point de crispation a été soulevé par Pauline Rapilly-Ferniot, élue écologiste d’opposition, qui a demandé à ce que le père d’un jeune homme mortellement percuté par un camion de nettoyage en 2021 puisse prendre la parole. Une demande refusée par le maire, qui a invoqué le règlement interdisant toute intervention extérieure. La situation s’est alors envenimée, conduisant à l’expulsion de l’homme par la sécurité et à la suspension de la séance.
Dans un communiqué publié sur X (ex-Twitter), la mairie a dénoncé une tentative d’instrumentalisation politique orchestrée par l’opposition, évoquant même un « guet-apens en plein conseil municipal ». La majorité municipale a accusé les opposants d’avoir « opportunément convoqué les caméras de télévision » pour mettre en difficulté le maire, qui aurait été fragilisé par l’émotion, la veille du quatrième anniversaire du décès de son propre fils. De son côté, l’élue écologiste a rejeté toute accusation de provocation, affirmant que la demande visait uniquement à réclamer un aménagement plus sécurisé du site du drame.
L’incident a pris une tournure médiatique après qu’un journaliste de France 2, Nicolas Vescovacci, a affirmé avoir été violemment agressé par des agents de sécurité municipaux. « J’ai été mis au sol violemment », a-t-il déclaré, précisant qu’on aurait tenté de supprimer ses images. Le reporter a déposé plainte pour violences aggravées et entrave à la liberté de la presse. La direction de France Télévisions a condamné ces actes et annoncé des poursuites judiciaires.
Face à la montée des tensions, Pierre-Christophe Baguet a annoncé son retrait temporaire, expliquant vouloir « réfléchir à la suite à donner à cette triste situation ». Dans un nouveau communiqué, la municipalité a dénoncé une « mise en cause humainement inacceptable », estimant que le maire a été injustement attaqué. L’opposition, quant à elle, a maintenu que la ville devait agir pour sécuriser les lieux et prévenir de nouveaux drames, sans accuser directement la municipalité d’une quelconque responsabilité dans l’accident.
L’affaire a rapidement pris une dimension régionale, entraînant des réactions politiques. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a exprimé son soutien au maire, dénonçant « un harcèlement immonde de la part d’une opposition sans vergogne ». À l’inverse, des élus d’opposition ont fustigé les violences contre les journalistes et la gestion autoritaire du débat public. Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête pour faire la lumière sur ces événements, alors que le conseil municipal de Boulogne-Billancourt reste marqué par une profonde fracture politique.