Par 51 voix contre 50, le Sénat américain à majorité républicaine a adopté ce mardi le gigantesque projet de loi économique défendu par Donald Trump, dans ce qui constitue une victoire stratégique pour l’ancien président à l’approche de la présidentielle. Le texte, qui prévoit une réduction massive des impôts, des coupes dans les programmes sociaux comme Medicaid et une hausse significative des budgets militaires et sécuritaires, doit désormais affronter l’épreuve plus incertaine de la Chambre des représentants.
C’est le vice-président JD Vance, fidèle lieutenant de Trump et figure montante du populisme conservateur, qui a tranché l’égalité parfaite entre les sénateurs. Un symbole fort qui illustre la volonté de l’administration Trump de redessiner en profondeur la structure économique des États-Unis en faveur des classes moyennes productives et de la souveraineté budgétaire. « Moins d’impôts, moins d’État, plus de défense », pourrait-on résumer.
Mais les critiques ne se sont pas fait attendre. Les démocrates dénoncent une attaque contre les plus vulnérables, pointant notamment les réductions prévues dans Medicaid, le programme de couverture santé pour les plus modestes. Ils accusent Trump de favoriser les grandes entreprises et les plus riches, au détriment des classes populaires. Une lecture idéologique attendue, mais en partie hypocrite, tant les élites démocrates ont participé elles-mêmes à la dérégulation et à la financiarisation de l’économie américaine depuis des décennies.
Le texte augmente aussi nettement les crédits pour le Pentagone et le renforcement du contrôle migratoire à la frontière sud, avec l’expansion du mur et des moyens pour les forces fédérales. Il s’inscrit dans la droite ligne d’un programme qui prône une Amérique forte, réindustrialisée et protégée. En coulisses, la Maison-Blanche prépare déjà un passage en force à la Chambre, où la majorité républicaine reste fragile, tributaire d’un centre droit modéré encore hésitant.
Ce vote reflète le clivage croissant entre deux visions de l’Amérique : l’une, souverainiste et musclée, portée par Trump et Vance ; l’autre, technocratique et mondialiste, incarnée par les démocrates de Washington et les réseaux financiers. Si le texte passe l’obstacle de la Chambre, il pourrait bien redéfinir les équilibres sociaux et géopolitiques américains pour les années à venir. La bataille ne fait que commencer.