Le débat sur le droit du sol continue d’agiter la majorité. Alors que Gérald Darmanin, désormais ministre de la Justice, a plaidé pour une réforme constitutionnelle sur cette question, Élisabeth Borne s’est déclarée opposée à cette initiative. Invitée ce vendredi sur RTL, la ministre de l’Éducation nationale a affirmé : « Je n’y suis pas favorable », estimant que « ce que les Français attendent, ce sont des actes et pas de renvoyer à une future modification constitutionnelle ».
L’Assemblée nationale a adopté jeudi une proposition de loi portée par la droite visant à restreindre le droit du sol à Mayotte. Une mesure soutenue par Élisabeth Borne, qui reconnaît la nécessité de « mesures fortes pour limiter l’immigration illégale sur l’île », tout en rappelant que des décrets de la loi immigration adoptée fin 2023 restent encore à appliquer.
Si la ministre de l’Éducation salue le travail de Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, dans la lutte contre les réseaux de passeurs, elle marque une nette différence avec Gérald Darmanin, qui souhaite ouvrir un débat public sur le droit du sol au niveau national. Ce dernier envisage une réforme via référendum ou lors de la présidentielle de 2027, une perspective que Borne écarte.
Par ailleurs, Élisabeth Borne s’est aussi distinguée de Bruno Retailleau sur la question du voile, rappelant que la position du gouvernement restait inchangée : « La situation n’est pas la même pour les sorties scolaires ou l’université et donc on ne changera pas la loi ». Un désaccord assumé, bien qu’elle reconnaisse à chacun « le droit d’avoir sa position ».