Alors que les nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis sont officiellement entrés en vigueur ce mercredi, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois joué la provocation. Lors d’un dîner privé organisé mardi soir avec des hauts responsables du Parti républicain, Trump a tenu des propos choc à l’égard de pays alliés tentant de négocier des exemptions commerciales, affirmant : « Ces pays nous appellent, ils me lèchent le cul. Ils meurent d’envie de passer un accord », a-t-il déclaré dans une ambiance visiblement détendue, selon plusieurs sources présentes dans la salle.
Une « humiliation publique »
Dans un style qui lui est familier, Donald Trump n’a pas hésité à mimer les demandes supposées des chefs d’État étrangers cherchant à éviter les nouvelles taxes sur l’acier, l’aluminium, et certains produits manufacturés : « S’il vous plaît, s’il vous plaît Monsieur, passons un accord. Je ferai n’importe quoi. Je ferai n’importe quoi Monsieur… », a-t-il ajouté avec une voix geignarde, provoquant des rires dans l’assistance. La scène, rapportée par le Washington Post et le New York Times, a suscité de nombreuses réactions, notamment de la part de diplomates européens et asiatiques. Plusieurs chancelleries auraient exprimé leur « incompréhension » et leur « agacement » face à ce qu’elles considèrent comme une « humiliation publique inutile ».
L’entrée en vigueur des droits de douane marque un tournant dans la politique économique américaine. L’administration Trump justifie ces mesures par la volonté de « protéger l’industrie nationale » face à ce qu’elle considère comme une concurrence déloyale, notamment de la Chine, mais aussi de certains partenaires européens comme l’Allemagne ou la France. D’après les chiffres du United States International Trade Commission, les droits de douane pourraient rapporter plusieurs milliards de dollars aux caisses fédérales, mais au prix d’un risque accru de tensions commerciales mondiales. L’Union européenne, le Japon, et le Canada ont déjà demandé à être exemptés de ces mesures. Jusqu’à présent, seule la Corée du Sud a réussi à obtenir une exemption partielle, après avoir accepté de revoir certaines clauses de l’accord de libre-échange bilatéral.
Réactions internationales
À Bruxelles, un diplomate de haut rang, sous couvert d’anonymat, a dénoncé une « approche brutale et irrespectueuse » du dialogue international : « C’est une insulte à nos efforts diplomatiques. Nous sommes alliés des États-Unis, pas des mendiants. » Même ton à Ottawa, où la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a rappelé que « le respect mutuel est la base de toute relation internationale ». Le Premier ministre japonais, Fumio Kishida, a pour sa part évité de commenter les propos de Trump, mais a insisté sur « la nécessité d’un commerce équitable et fondé sur des règles ».
Pour plusieurs analystes, cette sortie de Donald Trump n’est pas anodine. Selon le politologue Carl Zimmer, de l’université de Georgetown, « Trump utilise l’humiliation comme arme politique. Il renforce ainsi son image de négociateur dur, prêt à tout pour défendre les intérêts américains, même au prix des alliances historiques. » Reste à voir si cette posture portera ses fruits sur la scène internationale. En attendant, les relations commerciales entre les États-Unis et plusieurs de leurs partenaires risquent de traverser une nouvelle zone de turbulence.