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Le gouvernement a annoncé ce jeudi 12 juin, par la voix du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, la dissolution du mouvement antifa violent La Jeune Garde. Cette décision, prise en Conseil des ministres, intervient après plusieurs semaines de procédure administrative visant ce groupe accusé de violences répétées. Une autre organisation, Lyon Populaire, issue de l’ultradroite, a également été dissoute le même jour. Mais c’est bien la disparition de la Jeune Garde qui retient l’attention, tant cette organisation, proche de certains milieux politiques, était au cœur de nombreuses polémiques.

La dissolution du groupuscule intervient après une mobilisation persistante du collectif féministe Nemesis, engagé contre les violences faites aux femmes. Sa directrice Alice Cordier, avait interpellé Bruno Retailleau dès le mois de janvier, lors d’un événement du CRSI, pour alerter sur les risques que faisait peser la Jeune Garde, tant par sa structuration que par ses méthodes. Quelques semaines plus tard, plusieurs députés, notamment du Rassemblement national, ont saisi le gouvernement à l’Assemblée nationale pour appuyer la demande de dissolution. Le collectif Nemesis a par ailleurs lancé une pétition en ligne qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de signatures.

Fondée en 2018, la Jeune Garde revendiquait une action “antifasciste de terrain”, mais ses méthodes ont suscité de nombreuses inquiétudes. Fin juin 2024, huit de ses membres ont été mis en examen pour avoir agressé un adolescent dans le métro parisien, à la suite d’un événement pro-palestinien. Le ministre de l’Intérieur a dénoncé “un mouvement qui légitime le recours à la violence”, pointant une radicalité incompatible avec les principes républicains. Un élément marquant avait par ailleurs circulé sur Internet : dans un enregistrement audio attribué à Raphaël Arnault, fondateur du mouvement et aujourd’hui député LFI, ce dernier aurait proféré des menaces explicites à l’encontre d’Alice Cordier, affirmant vouloir “lui mettre une balle dans la tête”.

Bruno Retailleau a assumé pleinement cette décision : “Aucun élu ne devrait justifier la violence”, a-t-il déclaré, en ajoutant : “On ne lutte pas contre le fascisme avec des méthodes de fascistes”. La dissolution de la Jeune Garde s’inscrit dans une série d’actions engagées contre plusieurs groupements radicaux : Urgence Palestine, dont la procédure est en cours, et Lyon Populaire, un groupe d’ultradroite fondé en 2019 et également dissous ce jeudi.

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