Trump peut-il interdire le vote par correspondance aux États-Unis ?
Trump peut-il interdire le vote par correspondance aux États-Unis ?

Alors que Donald Trump a qualifié Washington de « zone de non-droit » et menacé d’intervenir dans d’autres grandes villes dirigées par des maires noirs, plusieurs élus ont tenu à rappeler que les statistiques contredisent le récit présidentiel. Selon eux, la criminalité violente, après une flambée pendant la pandémie, est en réalité en forte baisse dans nombre de métropoles américaines.

Van Johnson, maire de Savannah (Géorgie) et président de l’Association des maires afro-américains, a affirmé que les propos de Trump ne reposaient sur « aucune preuve ni statistique ». Il a dénoncé une caricature destinée à stigmatiser certaines villes, toutes dirigées par des responsables noirs et, pour la plupart, démocrates.

Dans la capitale fédérale, où le président républicain a déjà déployé 800 membres de la Garde nationale et pris le contrôle des forces de l’ordre, la police métropolitaine fait état d’une baisse continue des crimes violents depuis leur pic post-pandémique en 2023. À Chicago, le maire Brandon Johnson a vanté une réduction de plus de 30 % des homicides et de 40 % des fusillades en un an. À Los Angeles, Karen Bass a rappelé que les homicides avaient chuté de 14 % entre 2023 et 2024, qualifiant l’intervention fédérale de simple « coup de force ».

Baltimore enregistre elle aussi des chiffres encourageants, avec une diminution constante des homicides et des fusillades depuis 2022, ainsi qu’une baisse des vols de voitures et d’autres crimes majeurs. Le maire Brandon Scott a attribué ces progrès à une approche de « santé publique » fondée sur la prévention, l’accompagnement des victimes et l’implication des communautés. Il a accusé Trump d’utiliser la criminalité comme « un outil politique » et de saboter les programmes qui sauvent des vies, tout en coupant plus d’un million de dollars de financements fédéraux dédiés à la prévention.

À Oakland, la maire Barbara Lee a mis en avant une baisse de 21 % des homicides et de 29 % de l’ensemble des crimes violents au premier semestre 2025 par rapport à l’année précédente. Elle a salué le rôle déterminant des associations locales et des dispositifs d’intervention sociale, estimant que Trump cherche à entretenir une perception exagérée de la violence urbaine.

Les élus et acteurs associatifs s’inquiètent des conséquences d’une militarisation accrue de la sécurité, avec patrouilles de troupes fédérales et rumeurs de couvre-feux pour les jeunes. Selon eux, ces mesures risqueraient de miner les efforts de prévention menés depuis des années et de criminaliser injustement les minorités.

Pour l’heure, les maires observent la manière dont Muriel Bowser, édile de Washington, gère cette prise de contrôle fédérale inédite, entre coopération contrainte et contestation judiciaire. « Les maires noirs sont résilients », a déclaré Van Johnson. « Nous sommes les enfants d’une lutte et nous savons nous adapter. »

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