Le gouvernement tient ce mercredi 26 février un conseil interministériel de « contrôle de l’immigration » à Matignon, alors que la question des expulsions revient avec force après l’attentat islamiste et meurtrier de Mulhouse. Samedi dernier, un Algérien en situation irrégulière a tué un sexagénaire et blessé trois policiers municipaux avant d’être interpellé. Âgé de 37 ans, il faisait l’objet de plusieurs obligations de quitter le territoire français (OQTF), restées sans effet en raison du refus répété de l’Algérie de le reprendre.
L’exécutif est divisé sur la stratégie à adopter. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau souhaite durcir la pression sur Alger et envisage des sanctions, notamment une restriction des visas. Une approche que ne partage pas Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, qui mise sur la diplomatie et a demandé un rapport détaillé aux ambassadeurs français dans les pays réticents à accepter les expulsés. Ce document sera présenté ce mercredi au Premier ministre François Bayrou, qui présidera la réunion.
Au programme du conseil : limitation des entrées sur le territoire, durcissement des OQTF et évaluation des leviers diplomatiques. L’objectif affiché est d’améliorer l’efficacité des expulsions, souvent dénoncées comme inopérantes. La coopération avec l’Algérie, au cœur des tensions, sera un sujet central alors que plusieurs ministres, dont Élisabeth Borne et Gérald Darmanin, plaident pour une approche plus ferme.
L’attentat de Mulhouse, qualifié d’« acte de terrorisme » par Emmanuel Macron, relance un débat explosif sur la gestion des clandestins et la politique migratoire.