Une semaine après sa lourde défaite à la primaire sociale-démocrate, Olivier Faure sort du silence. Dans un entretien accordé au Parisien et publié samedi 17 octobre, le premier secrétaire du Parti socialiste affirme vouloir soutenir Raphaël Glucksmann lors de la présidentielle de 2027. Mais il n’entend pas pour autant lui abandonner les commandes du PS. Une position qui intervient alors que sa défaite, avec seulement 14,46 % des voix contre 66,13 % pour le président de Place publique, a fragilisé son autorité à la tête du parti.
Le résultat de la primaire du 11 octobre a constitué un revers important pour Olivier Faure. Le premier secrétaire socialiste espérait pouvoir défendre sa ligne politique face à Raphaël Glucksmann, notamment sur la stratégie d’alliance à gauche. Mais l’eurodéputé a remporté le scrutin dès le premier tour, laissant son principal concurrent très loin derrière lui.
Cette défaite a immédiatement provoqué des interrogations sur l’avenir de la direction socialiste. Plusieurs responsables du parti ont appelé Olivier Faure à tirer les conséquences du résultat, parmi lesquels le député Philippe Brun, qui a évoqué un véritable désaveu politique.
Soutenir Glucksmann sans lui abandonner le parti
Dans son entretien au Parisien, Olivier Faure assure souhaiter la victoire de Raphaël Glucksmann au printemps 2027. Il affirme vouloir contribuer à la campagne du candidat désigné par la primaire, conformément à l’engagement pris par les participants au scrutin.
Mais le premier secrétaire ne prévoit pas de quitter ses fonctions ni de transférer la direction du Parti socialiste au candidat de Place publique. Il entend continuer à exercer ses responsabilités et à défendre l’identité de sa formation politique.
Cette distinction est particulièrement importante. Raphaël Glucksmann a été désigné candidat de la gauche sociale-démocrate, mais il n’est pas membre du Parti socialiste. Il dirige sa propre formation, Place publique, dont les orientations et les alliances ne se confondent pas nécessairement avec celles du PS.
Olivier Faure souhaite donc soutenir la campagne présidentielle tout en préservant l’autonomie de son parti. Cette position pourrait toutefois alimenter de nouvelles discussions internes sur la répartition des responsabilités entre le candidat et les dirigeants socialistes.
Faure condamne les casseurs, mais critique le maintien de l’ordre
L’entretien a également été marqué par les violences survenues pendant les manifestations du samedi 17 octobre. Olivier Faure a condamné les dégradations et les affrontements, estimant que les casseurs nuisaient à une mobilisation populaire portée par des revendications sociales.
« Les casseurs pourrissent un mouvement aussi puissant que joyeux », a-t-il déclaré, regrettant que les violences aient éclipsé les revendications sur le pouvoir d’achat et les conditions de vie.
Le dirigeant socialiste a néanmoins critiqué la gestion gouvernementale des manifestations. Il considère que la doctrine française de maintien de l’ordre doit être profondément modifiée, notamment pour mieux protéger les participants pacifiques et prévenir les affrontements.
Cette prise de position illustre la ligne qu’Olivier Faure entend continuer à défendre : condamner les violences sans renoncer au soutien des mobilisations sociales ni aux critiques adressées au gouvernement.
À six mois de la présidentielle, le premier secrétaire du PS se retrouve donc dans une situation particulière. Battu par un candidat extérieur à son parti, il doit désormais contribuer à sa campagne tout en conservant la direction d’une formation traversée par des divergences stratégiques.

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