Tatiana Schlossberg, 35 ans, descendante de la famille Kennedy et petite-fille de Jacqueline Kennedy Onassis, a rendu publique sa maladie dans un texte personnel où elle décrit son combat contre une leucémie myéloïde aiguë associée à une mutation rare. Elle y retrace le cheminement médical qui l’a conduite à ce diagnostic, posé au printemps 2024, quelques semaines seulement après la naissance de son enfant. Les médecins lui avaient alors indiqué qu’il ne lui restait qu’environ un an à vivre.
Une histoire marquée par les tragédies familiales
Dans son essai, elle revient sur le poids de l’histoire familiale. L’assassinat de son grand-père, le président John F. Kennedy, en 1963, celui de son grand-oncle Robert F. Kennedy en 1968, ou encore la mort accidentelle de son oncle John F. Kennedy Jr. en 1999, ont façonné son rapport à la perte dès l’enfance. Cette succession de drames, explique-t-elle, « la poursuivait depuis toujours » et résonne aujourd’hui d’une manière nouvelle face à sa propre maladie.
Elle confie également la culpabilité qu’elle ressent vis-à-vis de sa mère : « Toute ma vie, j’ai essayé […] de protéger ma mère et de ne jamais la contrarier ou la mettre en colère. Aujourd’hui, j’ai ajouté une nouvelle tragédie à sa vie, à la vie de notre famille, et je ne peux rien faire pour l’empêcher. »
« Mon médecin m’a dit qu’il pourrait me maintenir en vie pendant un an, peut-être. »
Suite au diagnostic, Tatiana Schlossberg a suivi un protocole thérapeutique intensif comprenant plusieurs séries de chimiothérapie, deux greffes de moelle osseuse et l’intégration à plusieurs essais cliniques dans un centre spécialisé. Malgré la succession de traitements, l’évolution de la maladie est restée défavorable.
Elle rapporte les paroles de son médecin lors de la dernière phase expérimentale : « Au cours du dernier essai clinique, mon médecin m’a dit qu’il pourrait me maintenir en vie pendant un an, peut-être. » Elle confie que sa première pensée a alors été tournée vers ses enfants : « Mes enfants, dont les visages sont gravés à jamais dans ma mémoire, ne se souviendraient pas de moi. »
Les tensions autour de la politique sanitaire de Robert F. Kennedy Jr.
Dans ce même texte, Tatiana Schlossberg exprime son désaccord profond avec les positions et les décisions de son cousin, Robert F. Kennedy Jr., qu’elle qualifie de « source d’embarras ». Elle dénonce notamment son absence d’expérience dans le domaine de la santé publique et critique certaines orientations prises sous sa responsabilité, qu’elle estime susceptibles d’affaiblir la recherche biomédicale. Elle l’accuse notamment d’avoir réduit massivement les financements consacrés à des technologies comme les vaccins à ARN messager, qu’elle juge essentielles, y compris dans la lutte contre certains cancers.
Elle explique que, depuis son lit d’hôpital, ces décisions ont pris un sens particulièrement concret, car elle dépend elle-même d’un système de soins dont elle redoute désormais la fragilisation.
Une volonté de se recentrer sur sa famille
Malgré les divergences politiques au sein du clan Kennedy, Tatiana Schlossberg affirme vouloir consacrer l’essentiel de son énergie au temps qui lui reste avec ses proches. Elle décrit l’effort que représente pour elle le fait de vivre pleinement dans le présent : « La plupart du temps, j’essaie de vivre et d’être avec eux maintenant. Mais être dans le présent est plus difficile qu’il n’y paraît, alors je laisse les souvenirs aller et venir. »