Un an après le début de la mission en Haïti, les pénuries menacent son efficacité, alerte son commandant
Un an après le début de la mission en Haïti, les pénuries menacent son efficacité, alerte son commandant

PORT-AU-PRINCE, 26 juin — Un an après le déploiement des premières troupes de la mission de sécurité soutenue par l’ONU en Haïti, son commandant a tiré la sonnette d’alarme jeudi face au manque criant de moyens humains, financiers et logistiques. Mandatée pour soutenir la Police nationale haïtienne dans sa lutte contre les gangs armés qui contrôlent une large partie du territoire, la mission peine à atteindre ses objectifs, a reconnu le général kényan Godfrey Otunge.

Lors d’un point presse dans la capitale haïtienne, le chef de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS) a appelé davantage de pays à fournir des troupes et des ressources, soulignant que moins de la moitié des forces prévues sont actuellement déployées. Alors que l’ONU visait un effectif de 2 500 hommes, seuls 991 soldats sont aujourd’hui présents sur le terrain, selon un rapport adressé récemment au Conseil de sécurité.

Composée majoritairement de policiers kenyans, la mission comprend également des contingents du Guatemala, du Salvador, de la Jamaïque, des Bahamas et du Belize. Mais de nombreux soldats restent en attente faute de contrats logistiques adéquats pour les accueillir et les soutenir. Cette faiblesse opérationnelle affecte directement la capacité du MSS à reprendre le contrôle des quartiers dominés par les gangs et à sécuriser les zones civiles.

Ce déploiement international avait été demandé pour la première fois par les autorités haïtiennes en 2022, alors que la violence des groupes armés atteignait un niveau inédit. Selon l’ONU, environ 1,3 million de personnes ont été déplacées par les violences à travers le pays, contre 580 000 il y a un an.

Le général Otunge a rappelé que la mission repose entièrement sur des contributions volontaires, un modèle qui entraîne d’importants retards et des incertitudes budgétaires. « Les défis en matière de financement, de personnel et de logistique sont en cours d’évaluation, mais ils freinent notre capacité à intervenir efficacement », a-t-il expliqué.

Face à l’ampleur de la crise humanitaire et sécuritaire, les autorités haïtiennes et les partenaires internationaux exhortent les pays membres des Nations unies à intensifier leur engagement. La situation sur le terrain reste volatile, et sans soutien renforcé, la mission risque de perdre du terrain face à des gangs toujours mieux armés et organisés.

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