Tanzanie - la présidente nomme un nouveau Premier ministre après une élection contestée
Tanzanie - la présidente nomme un nouveau Premier ministre après une élection contestée

La présidente tanzanienne a nommé jeudi un fidèle de longue date au poste de Premier ministre, à la suite d’une élection présidentielle entachée de violences et de graves accusations de fraude. Le Parlement a largement approuvé la nomination de Mwigulu Nchemba, ancien ministre des Finances, une issue attendue après la victoire écrasante de Samia Suluhu Hassan lors du scrutin du 29 octobre.

Nchemba, qui avait déjà servi dans le gouvernement de l’ancien président John Magufuli, s’est engagé à travailler avec diligence dans ses nouvelles fonctions. Figure bien établie du parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), il siège au Parlement depuis 2010 et a occupé le poste de secrétaire général adjoint du parti. Les observateurs politiques soulignent que sa nomination illustre la grande confiance que lui accorde Hassan, qui ne l’a jamais écarté lors des remaniements gouvernementaux depuis son arrivée au pouvoir en 2021, après le décès de Magufuli.

Le climat politique reste pourtant très tendu. Les opposants affirment que le gouvernement a truqué l’élection d’octobre en écartant les principaux challengers de la présidente, ce qui a déclenché des manifestations massives réprimées dans la violence. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme estime que des centaines de personnes ont été tuées, tandis que le principal parti d’opposition et plusieurs militants évoquent plus de 1 000 morts. Le gouvernement rejette ces chiffres, les jugeant exagérés, mais n’a pas fourni de bilan alternatif.

Sur le plan économique, la Tanzanie prévoit une croissance de 6 % cette année, portée notamment par de vastes projets d’infrastructures routes, lignes ferroviaires et capacités de production d’énergie. Les dépenses publiques devraient augmenter d’environ 12 % au cours de l’exercice fiscal en cours afin de soutenir ces investissements, en dépit des réductions d’aide annoncées par plusieurs partenaires internationaux, dont les États-Unis.

La nomination de Nchemba intervient ainsi à un moment délicat pour la Tanzanie, confrontée simultanément à une contestation politique, à des accusations persistantes de violations des droits humains et à un ambitieux programme de développement économique. Sa capacité à rétablir la confiance intérieure et à consolider la stabilité du pays constituera l’un des principaux défis de son mandat.

Que retenir rapidement ?

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