Le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) ont franchi une nouvelle étape vers la normalisation de leurs relations, en s’accordant vendredi sur les grandes lignes d’un cadre d’intégration économique régionale. Cet engagement s’inscrit dans le processus de mise en œuvre de l’accord de paix signé en juin dernier à Washington, sous l’égide de l’administration du président américain Donald Trump.
Selon un communiqué du département d’État américain, les principes convenus entre Kigali et Kinshasa portent sur une coopération renforcée dans des secteurs clés tels que l’énergie, les infrastructures, la santé publique, les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et la gestion des parcs nationaux. Ce cadre vise à traduire en actions concrètes la volonté des deux pays de stabiliser une région marquée depuis des années par les conflits armés et les rivalités transfrontalières.
L’accord de paix de juin, conclu après des mois de tensions et des milliers de morts dans l’est du Congo, prévoit la création d’un cadre économique dans un délai de 90 jours. L’objectif est double : garantir la sécurité dans les zones frontalières et attirer des investissements étrangers dans une région au potentiel minier considérable, riche en or, tantale, cobalt, cuivre et lithium — des ressources essentielles aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Une source proche du dossier a indiqué qu’un avant-projet du cadre économique a déjà été validé. Une phase de consultation va désormais être lancée afin de permettre au secteur privé, aux acteurs de la société civile et aux partenaires internationaux de faire part de leurs commentaires avant la finalisation du texte. Cette approche participative vise à assurer une mise en œuvre efficace et inclusive.
Par ailleurs, une réunion du mécanisme conjoint de coordination de la sécurité entre le Rwanda et la RDC est prévue pour le 7 août. Elle devrait permettre de consolider les avancées en matière de désescalade militaire et d’engagements bilatéraux, tout en renforçant la surveillance conjointe des frontières.
Le soutien actif des États-Unis à cette initiative illustre leur volonté de jouer un rôle stratégique dans la stabilisation de la région des Grands Lacs, tout en sécurisant l’accès à des ressources critiques pour l’économie mondiale. Si les efforts en cours aboutissent, ce rapprochement pourrait marquer un tournant majeur dans l’histoire des relations entre Kinshasa et Kigali, longtemps marquées par la méfiance, les ingérences mutuelles et les conflits armés.