Le Nigeria a de nouveau été frappé par une vague de violence meurtrière, alors que des hommes armés ont attaqué plusieurs villages dans l’État du Plateau, au centre du pays, tuant au moins 100 personnes. Parmi les victimes figurent femmes et enfants, dont les corps calcinés ont été retrouvés dans les décombres de maisons incendiées, selon les témoignages glaçants de survivants.
À Yelwata, l’un des villages attaqués, Fidelis Adidi, agriculteur, a raconté comment il avait fui précipitamment à la tombée de la nuit, alors que des coups de feu retentissaient. À son retour au matin, il a découvert les corps brûlés de l’une de ses épouses et de quatre de ses enfants. Ce drame n’est malheureusement qu’un des nombreux récits de pertes humaines insoutenables dans une région régulièrement secouée par des violences communautaires.
Selon les autorités locales et les agences humanitaires, les attaques ont forcé environ 3 000 personnes à fuir leur domicile. Les déplacés, pour la plupart des agriculteurs et leurs familles, sont actuellement pris en charge par des ONG qui tentent de leur fournir un abri, de la nourriture et des soins médicaux dans un contexte de grande précarité.
Ces massacres s’inscrivent dans une spirale de violences alimentée par des rivalités foncières persistantes entre agriculteurs et éleveurs, exacerbées par les effets du changement climatique, la pression démographique et la prolifération d’armes dans les zones rurales. Les autorités nigérianes, souvent critiquées pour leur réponse tardive ou insuffisante, ont promis une enquête et des déploiements sécuritaires accrus.
Le président Bola Tinubu a annoncé son intention de se rendre sur place dans les prochains jours. Son déplacement vise à évaluer la situation de première main et à montrer un engagement politique face à une crise sécuritaire devenue chronique dans le centre du pays. Mais les attentes sont élevées, et la population, traumatisée, réclame non seulement justice, mais surtout des mesures concrètes de prévention.
Les violences intercommunautaires ont déjà coûté la vie à des milliers de personnes ces dernières années au Nigeria, où les conflits locaux s’ajoutent aux menaces sécuritaires posées par les groupes djihadistes dans le nord-est et les bandes armées dans le nord-ouest. Cette dernière attaque marque l’une des plus meurtrières de 2025 jusqu’à présent, renforçant les craintes d’un cycle de représailles sans fin.