Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a vivement critiqué dimanche le chef du gouvernement australien, Anthony Albanese, à la suite de la fusillade survenue lors d’un événement juif à Sydney, qui a fait au moins 11 morts. Alors que de nombreux dirigeants mondiaux ont exprimé leur choc et leur compassion, Netanyahu a affirmé avoir averti Albanese que son soutien à la reconnaissance d’un État palestinien « alimentait le feu de l’antisémitisme ».
Depuis le début de la guerre à Gaza, le dirigeant israélien établit régulièrement un lien entre les appels internationaux en faveur d’un État palestinien, les critiques de l’offensive militaire israélienne et la hausse des actes antisémites dans le monde. Dimanche, il est allé plus loin en suggérant que l’attaque de Sydney, qui a notamment coûté la vie à un ressortissant israélien, s’inscrivait dans ce contexte politique.
L’Australie fait partie des pays qui ont officiellement reconnu un État palestinien en septembre, lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Selon le ministère palestinien des Affaires étrangères, 159 États reconnaissent aujourd’hui la Palestine. La majorité de la communauté internationale considère toujours la solution à deux États comme la seule voie possible pour mettre fin à des décennies de conflit, une position rejetée par le gouvernement de Netanyahu, qui estime qu’elle récompense le Hamas.
Au-delà de ces tensions diplomatiques, les réactions internationales ont été nombreuses et unanimes dans la condamnation de l’attaque. L’Iran a jugé que « le terrorisme et le meurtre de civils, où qu’ils se produisent, sont inacceptables », tandis que les États-Unis ont dénoncé une « attaque purement antisémite ». Le président américain Donald Trump et le secrétaire d’État Marco Rubio ont tous deux affirmé que l’antisémitisme n’avait « pas sa place dans le monde ».
En Europe, le roi Charles III s’est dit « bouleversé et attristé », et les autorités britanniques ont annoncé un renforcement de la sécurité autour des sites juifs. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré être « sans voix » face à une attaque qu’il a qualifiée d’atteinte aux valeurs communes, appelant à lutter contre l’antisémitisme en Allemagne et au-delà.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « horrifié », adressant un message de solidarité à la communauté juive mondiale en ce premier jour de Hanoucca. L’Inde a également condamné un « attentat terroriste odieux », affirmant sa solidarité avec l’Australie. De son côté, le Congrès juif mondial a rappelé qu’aucune communauté ne devrait craindre de célébrer sa foi, assurant que cette violence ne briserait pas la détermination des juifs à travers le monde.