Des responsables ont annoncé ce vendredi que la Russie et l’Iran avaient conclu un accord préliminaire pour la fourniture annuelle de 55 milliards de mètres cubes de gaz russe, bien qu’aucun accord sur les prix n’ait encore été trouvé. Ils ont également indiqué que la Russie s’était engagée à financer la construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Iran.
Ces accords interviennent alors que les États-Unis tentent d’isoler l’Iran du reste du monde tant que Téhéran n’accepte pas un nouvel accord concernant l’inspection de ses installations nucléaires.
La Russie a renforcé ses liens avec l’Iran depuis le début de la guerre en Ukraine, signant en janvier un traité de partenariat stratégique avec Téhéran. Les deux pays sont soumis à des sanctions occidentales et les exportations de pétrole et de gaz de Moscou vers l’Europe ont fortement chuté.
La Russie a une longue histoire de coopération nucléaire avec l’Iran, ayant notamment participé à la construction du premier réacteur nucléaire iranien à Bouchehr, dans le sud du pays.
Le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, est en visite cette semaine à Moscou, où il a rencontré ce vendredi le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, dans le cadre d’une réunion d’une commission intergouvernementale.
Selon le site d’information du ministère iranien du Pétrole (Shana), Paknejad a déclaré que les deux pays étaient parvenus à un accord pour transporter 55 milliards de mètres cubes de gaz par an, et que la nouvelle centrale nucléaire serait financée par un crédit russe.
Malgré ses vastes réserves de gaz naturel — les deuxièmes plus importantes au monde après celles de la Russie —, l’Iran importe du gaz, notamment du Turkménistan, en raison d’un manque sévère d’investissements, en partie dû aux sanctions américaines.
Tsivilev, aux côtés de Paknejad, a précisé que la Russie pourrait fournir à l’Iran 1,8 milliard de mètres cubes de gaz naturel cette année, à un prix encore en négociation.
Le président russe Vladimir Poutine avait déclaré en janvier lors d’une rencontre avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian au Kremlin que la Russie pourrait, à terme, fournir jusqu’à 55 milliards de mètres cubes de gaz par an à l’Iran, avec des livraisons débutant par 2 milliards de mètres cubes.
Cette quantité équivaut à celle acheminée par le gazoduc Nord Stream 1 vers l’Europe avant d’être endommagé par des explosions en 2022, ce qui a stoppé ses exportations.
Dans une intervention sur la télévision publique iranienne ce vendredi, Paknejad a aussi révélé que Téhéran signerait un accord de 4 milliards de dollars avec des entreprises russes pour développer sept champs pétroliers iraniens.
Le ministre iranien et son homologue russe ont signé un document final pour ces accords bilatéraux après la réunion de la commission de coopération économique russo-iranienne, sans en dévoiler les détails.
En juin dernier, Gazprom avait signé un protocole d’accord avec la Compagnie nationale iranienne de gaz pour approvisionner l’Iran via un pipeline, sans que les itinéraires possibles n’aient encore été précisés.
Paknejad a également annoncé qu’un centre régional de distribution de gaz serait créé en Iran, en collaboration potentielle avec le Qatar et le Turkménistan.
OPEP+
Paknejad a rencontré jeudi Alexandre Novak, vice-premier ministre russe chargé des relations avec l’OPEP.
Il a souligné vendredi l’incertitude persistante sur les marchés pétroliers mondiaux, notamment en raison des effets de la guerre des tarifs douaniers.
Le président américain Donald Trump avait en effet imposé en avril de lourdes taxes douanières sur la plupart des pays, ébranlant la confiance des entreprises et des consommateurs et provoquant des ventes massives d’actifs américains.
Paknejad a ajouté que l’alliance OPEP+, qui regroupe les membres de l’OPEP et leurs alliés dirigés par la Russie, prendrait des décisions pour stabiliser le marché, sans préciser la nature exacte de ces mesures.
Selon trois sources proches du dossier citées par Reuters, plusieurs membres de l’OPEP+ envisageraient de proposer une accélération de l’augmentation de la production pétrolière en juin pour le deuxième mois consécutif. La réunion de l’OPEP+ est prévue début mai pour statuer sur sa politique future.
Trump a par ailleurs exhorté l’OPEP à faire baisser les prix du pétrole et a repris sa politique de « pression maximale » contre l’Iran, visant à stopper complètement ses exportations de pétrole.