L’Iran augmente ses stocks d’uranium enrichi malgré les discussions avec l’ONU et l’Égypte
L’Iran augmente ses stocks d’uranium enrichi malgré les discussions avec l’ONU et l’Égypte

Le programme nucléaire iranien a de nouveau été au centre des préoccupations internationales lundi, alors que des responsables de l’ONU, d’Iran et d’Égypte se sont réunis au Caire dans un climat de tensions accrues. La rencontre survient après la publication d’un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) révélant une hausse significative du stock iranien d’uranium enrichi à un niveau proche de celui requis pour fabriquer une arme nucléaire.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, a expliqué que ce rapport avait été établi pour attirer l’attention du conseil des gouverneurs de l’agence et encourager une solution diplomatique. Selon le document, consulté par l’Associated Press, l’Iran aurait accumulé 408,6 kilos d’uranium enrichi jusqu’à 60 %, soit près de 50 % de plus que dans le précédent rapport de février. Le seuil critique de 90 % correspond à l’enrichissement de qualité militaire.

Cette situation suscite une « préoccupation sérieuse », selon le rapport, qui souligne qu’aucun autre État non doté de l’arme nucléaire ne produit actuellement un tel matériau. Malgré cela, l’Iran continue de clamer son droit à mener des activités nucléaires pacifiques et accuse Grossi de motivations politiques, visant notamment à favoriser sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a insisté sur le fait que son pays ne poursuit pas l’arme atomique et que toutes ses activités nucléaires sont soumises aux inspections de l’AIEA. Selon les autorités iraniennes, près de 500 des 682 inspections réalisées par l’agence dans 32 pays ont eu lieu en Iran, preuve selon elles de leur transparence.

Du côté de Téhéran, la méfiance demeure vis-à-vis des intentions américaines. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré que les États-Unis n’avaient pas encore clarifié les avantages concrets qu’obtiendrait l’Iran en échange de concessions dans les pourparlers en cours. Le sultanat d’Oman joue un rôle de médiateur dans ces discussions, dont le dernier round s’est tenu à Rome sans avancée décisive.

Araghchi a précisé qu’une réponse officielle de l’Iran à la dernière proposition américaine était imminente, tout en posant des lignes rouges claires : « Si l’objectif est de garantir que la République islamique d’Iran ne cherchera jamais à obtenir l’arme nucléaire, un accord est possible. Mais s’il s’agit de nous priver de nos droits à des activités pacifiques, il n’y aura pas d’accord. »

Alors que les tensions diplomatiques persistent et que les sanctions économiques pèsent toujours sur l’Iran, cette nouvelle augmentation du stock d’uranium enrichi accentue les incertitudes sur l’issue des négociations. Les prochaines semaines seront décisives pour évaluer la possibilité d’un retour à un accord durable sur le nucléaire iranien.

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