Les Fidji rejettent toute base militaire chinoise dans le Pacifique et appellent à la neutralité régionale
Les Fidji rejettent toute base militaire chinoise dans le Pacifique et appellent à la neutralité régionale

SYDNEY – Le Premier ministre fidjien Sitiveni Rabuka a déclaré mardi que son pays ne souhaitait pas accueillir de base militaire chinoise sur son territoire, mettant en garde contre les risques d’escalade dans la région du Pacifique alors que la rivalité entre les États-Unis et la Chine s’intensifie. Cette prise de position renforce la volonté des Fidji de préserver une ligne de neutralité stratégique dans un espace de plus en plus convoité par les grandes puissances.

S’exprimant depuis le National Press Club à Canberra, en Australie, Rabuka a souligné que la Chine, malgré sa puissance militaire, n’avait pas besoin d’une base dans le Pacifique pour démontrer ses capacités. Il a rappelé à ce titre le récent test d’un missile balistique intercontinental chinois, considéré comme une démonstration claire de projection de force à distance. « Le Pacifique ne devrait pas être militarisé par quiconque », a affirmé le dirigeant.

Les propos du Premier ministre surviennent alors que plusieurs îles du Pacifique, dont les Fidji, tentent d’équilibrer leurs relations diplomatiques avec Washington et Pékin. Dans un contexte de tension croissante, notamment autour du détroit de Taïwan, Rabuka a souligné la vulnérabilité de la région face à tout conflit entre puissances. « Si un conflit éclate, nous en subirons les conséquences, même si nous ne sommes pas directement impliqués », a-t-il averti.

Bien que la Chine ait déjà conclu un pacte de sécurité avec les îles Salomon et déployé des policiers dans plusieurs pays insulaires du Pacifique, Rabuka a affirmé que les Fidji tenaient fermement à leur souveraineté et à une politique de paix. Il a également indiqué que Pékin avait compris la position fidjienne et qu’il comptait sur la diplomatie régionale pour éviter toute militarisation.

« Nous voulons être amis avec tous et ennemis de personne », a-t-il insisté, appelant les dirigeants de la région à faire preuve de sagesse dans la gestion des relations internationales. Le Traité de l’Océan de Paix, mentionné à plusieurs reprises par Rabuka, vise précisément à limiter les ingérences militaires et à promouvoir la stabilité dans l’arc insulaire du Pacifique.

Cette déclaration envoie un message clair à la communauté internationale : les Fidji refusent d’être le théâtre d’une nouvelle guerre froide entre puissances, préférant miser sur le dialogue, le respect des souverainetés et une coopération non militaire.

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