Le Soudan bascule dans une double souveraineté : les paramilitaires des RSF forment un gouvernement parallèle
Le Soudan bascule dans une double souveraineté : les paramilitaires des RSF forment un gouvernement parallèle

La coalition soudanaise dirigée par les Forces de soutien rapide (RSF) a annoncé samedi la formation d’un gouvernement parallèle, accentuant un peu plus la fragmentation d’un pays ravagé par 27 mois de guerre civile. Cette initiative marque une nouvelle escalade dans le conflit opposant les RSF à l’armée régulière soudanaise et soulève la perspective d’une division durable du Soudan.

À la tête de ce nouveau gouvernement non reconnu par Khartoum, le chef des RSF, le général Mohamed Hamdan Dagalo, a été désigné président d’un conseil présidentiel composé de 15 membres. Il sera secondé par Abdel Aziz al-Hilu, chef du SPLM-N, l’un des principaux groupes rebelles du pays. L’annonce a été faite depuis Nyala, la plus grande ville du Darfour, région désormais largement contrôlée par les RSF.

Le civil Mohamed Hassan al-Taishi, ancien membre du Conseil souverain de transition, a été nommé Premier ministre. Les gouverneurs régionaux de ce « Nouveau Soudan » ont également été désignés. Cette structure parallèle vise explicitement à concurrencer l’autorité de l’armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, et à légitimer une nouvelle entité étatique potentielle, fondée sur un modèle laïc et fédéral.

La réaction de l’armée ne s’est pas fait attendre. Elle a immédiatement rejeté cette déclaration, qualifiant le projet de gouvernement parallèle d’illégitime. Le commandement militaire a promis de poursuivre les opérations jusqu’à la « reconquête complète » du territoire national, dénonçant une tentative de démembrement du pays sous couvert de réformes politiques.

Les tensions sur le terrain restent vives. Alors que l’armée a récemment repoussé les RSF hors du centre du pays, de violents combats se poursuivent dans le centre-ouest du Kordofan et à al-Fashir, bastion historique du Darfour. Le conflit, déjà à l’origine de milliers de morts et de millions de déplacés, menace désormais de se transformer en une partition de facto du Soudan.

La coalition dirigée par les RSF affirme que cette nouvelle structure gouvernementale vise notamment à obtenir un soutien militaire extérieur, en particulier en matière d’armement sophistiqué. Cette démarche pourrait entraîner une internationalisation accrue du conflit et compromettre davantage toute perspective de résolution politique à court terme.

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