Le Mali et le Burkina Faso ont annoncé mardi l’instauration d’une interdiction de voyager visant les citoyens américains, en réaction à une mesure similaire décidée plus tôt ce mois-ci par l’administration du président américain Donald Trump. Les deux pays ouest-africains invoquent le principe de réciprocité après avoir été ajoutés à une liste américaine de pays soumis à une interdiction totale de voyage.
Dans des communiqués distincts publiés par leurs ministères des Affaires étrangères, Bamako et Ouagadougou ont expliqué que cette décision faisait suite à l’annonce, le 16 décembre, de l’élargissement des restrictions de voyage américaines à leur encontre, aux côtés de cinq autres pays. Ces restrictions doivent entrer en vigueur le 1er janvier.
La Maison Blanche a justifié cette interdiction par l’existence de « carences persistantes et graves » en matière de contrôle, de vérification et de partage d’informations, estimant que ces insuffisances représentaient un risque pour la sécurité nationale et publique des États-Unis.
Les autorités maliennes ont dénoncé une décision prise sans consultation préalable et fondée, selon elles, sur une évaluation erronée de la situation sécuritaire et institutionnelle du pays. Le Burkina Faso a adopté une position similaire, rejetant les motifs avancés par Washington.
Le Mali et le Burkina Faso ne sont pas les premiers États à répondre par des mesures de rétorsion après avoir été visés par des restrictions américaines. D’autres pays de la région avaient déjà annoncé des décisions comparables ces dernières semaines, dans un contexte de relations diplomatiques tendues avec les États-Unis.
Ces annonces interviennent alors que les deux pays sahéliens, dirigés par des régimes militaires issus de coups d’État récents, ont pris leurs distances avec leurs partenaires occidentaux traditionnels et renforcé leur coopération régionale et sécuritaire.