Des composants indiens retrouvés dans des drones russes utilisés contre l’Ukraine, selon Kiev
Des composants indiens retrouvés dans des drones russes utilisés contre l’Ukraine, selon Kiev

KIEV — L’Ukraine affirme avoir identifié des composants d’origine indienne dans des drones russes utilisés lors d’attaques menées sur son territoire, notamment contre des civils et sur les lignes de front, a déclaré mardi Andriy Yermak, chef de cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans un message publié sur Telegram, Yermak a indiqué que ces éléments ont été découverts au cours d’analyses techniques réalisées sur des débris de drones récupérés après des frappes russes. Selon lui, cette révélation soulève de nouvelles questions sur les circuits d’approvisionnement de la Russie, qui continue de se procurer des pièces critiques malgré les sanctions internationales.

Reuters n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l’origine précise des composants ni le contexte de leur intégration dans l’armement russe. Aucun détail technique n’a pour l’instant été fourni par les autorités ukrainiennes sur la nature ou la fonction exacte des pièces en question.

L’accusation de Kiev intervient alors que la Russie intensifie ses attaques par drones, souvent en combinaison avec des missiles, pour frapper des cibles militaires et civiles à travers l’Ukraine. Ces armes, relativement bon marché et difficiles à intercepter, jouent un rôle croissant dans la stratégie russe.

Si la présence de composants indiens était confirmée, cela pourrait embarrasser New Delhi, qui a jusqu’à présent maintenu une position d’équilibre dans le conflit, refusant de condamner frontalement Moscou tout en appelant au respect du droit international. L’Inde, qui importe massivement du pétrole russe depuis le début de la guerre, s’est également abstenue à plusieurs reprises lors de votes aux Nations unies sur la question ukrainienne.

Des enquêtes menées depuis le début de l’invasion ont déjà révélé l’utilisation de composants occidentaux — notamment américains, allemands et japonais — dans divers systèmes d’armement russes, via des circuits de contournement, souvent en passant par des pays tiers. L’apparition de pièces venues d’Inde marquerait une évolution préoccupante, tant pour Kiev que pour ses alliés.

Kiev a récemment intensifié ses appels à la communauté internationale pour mieux contrôler les chaînes d’approvisionnement mondiales et renforcer les mécanismes de traçabilité des exportations technologiques sensibles. Le gouvernement ukrainien exhorte ses partenaires à identifier et sanctionner les entreprises, même indirectement impliquées, qui pourraient contribuer au complexe militaro-industriel russe.

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