Crash d’un avion d’Azerbaijan Airlines : Bakou exige que Moscou reconnaisse sa responsabilité
Crash d’un avion d’Azerbaijan Airlines : Bakou exige que Moscou reconnaisse sa responsabilité

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a exigé samedi que la Russie reconnaisse publiquement sa responsabilité dans l’abattage accidentel d’un avion de ligne azerbaïdjanais survenu en décembre dernier, causant la mort de 38 personnes. Lors d’une conférence de presse à Khankendi, à l’occasion du Global Media Forum, le dirigeant a dénoncé l’inaction de Moscou et a réclamé justice pour les victimes de la tragédie.

Le vol J2-8243 d’Azerbaijan Airlines, en provenance de Bakou et à destination de Grozny, s’était écrasé près d’Aktau, au Kazakhstan, après avoir dévié de sa trajectoire au-dessus du sud de la Russie. Ce secteur était alors le théâtre d’attaques de drones ukrainiens contre plusieurs villes russes. Selon les autorités azerbaïdjanaises, les défenses aériennes russes ont ouvert le feu sur l’appareil, le prenant pour une menace. Trente-huit passagers et membres d’équipage ont été tués, et 29 ont survécu.

Le président russe Vladimir Poutine avait présenté des excuses à Aliyev, qualifiant l’incident de « tragique », mais sans jamais admettre formellement que l’avion avait été abattu par les forces russes. Une attitude jugée insuffisante par Bakou. « Nous savons exactement ce qui s’est passé et nous pouvons le prouver. De plus, nous sommes convaincus que les responsables russes savent également ce qui s’est passé », a déclaré Aliyev. Il a appelé Moscou à faire preuve de responsabilité, à désigner les coupables, à indemniser les familles des victimes et à rembourser le coût de l’avion détruit.

Cet incident intervient dans un climat diplomatique tendu entre les deux pays. Les relations russo-azerbaïdjanaises se sont fortement détériorées ces derniers mois, notamment après l’arrestation en Russie de plusieurs ressortissants azerbaïdjanais accusés de crimes anciens. Bakou y voit une mesure politique et un signal d’hostilité.

Dans un autre dossier brûlant abordé au cours du même forum, Aliyev a renouvelé sa demande pour l’ouverture d’un corridor de transit reliant l’Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan, via le sud de l’Arménie. Il a affirmé que ce lien, long d’environ 32 kilomètres et traversant la province arménienne de Syunik, représente une « connexion intérieure » entre deux parties d’un même pays. Il a insisté sur la nécessité de garanties de sécurité fiables, accusant dans le passé certains civils arméniens d’hostilité violente à l’encontre des passagers azerbaïdjanais.

Le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan a révélé cette semaine que les États-Unis avaient proposé de superviser le potentiel corridor de transport. Ce projet reste cependant un point de friction majeur entre Bakou et Erevan, malgré l’annonce en mars d’un projet d’accord de paix entre les deux anciens belligérants du Caucase. Aucune date n’a encore été fixée pour la signature de cet accord, qui dépend en grande partie de la résolution de la question du transit vers Nakhitchevan.

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