C’était un 12 août : Édification du Mur de Berlin
C’était un 12 août : Édification du Mur de Berlin

Le 12 août 1961, la République démocratique allemande lance, dans le plus grand secret, la fermeture brutale de la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Dans la nuit, policiers et ouvriers dépavent les routes, coupent les lignes ferroviaires, tendent des barbelés et creusent des fossés. En quelques heures, la capitale allemande est déchirée par un dispositif provisoire qui se transformera rapidement en un mur de béton long de plus de 150 kilomètres, hérissé de miradors, de chiens de garde et de bunkers. Officiellement présenté comme une « protection antifasciste », ce mur a pour objectif réel d’empêcher les citoyens de l’Est de fuir vers l’Ouest, où la liberté et la prospérité attirent depuis 1949 des millions de réfugiés.

Un rempart pour stopper l’exode

Depuis la division de l’Allemagne, environ 3 millions d’habitants de la RDA — soit près de 20 % de la population — ont gagné la République fédérale par Berlin, plus difficile à verrouiller que les campagnes frontalières. Les départs massifs aggravent la crise économique provoquée par l’échec du plan septennal et la pénurie de main-d’œuvre. Pour enrayer cet effondrement, 14 500 soldats bloquent, dans la nuit du 12 au 13 août, rues et voies ferrées menant à Berlin-Ouest, sous la surveillance de troupes soviétiques. Les jours suivants, les façades donnant sur la frontière sont murées, et la ville se retrouve coupée en deux, séparant brutalement familles, amis et collègues.

Symbole de la Guerre froide

À l’Ouest, l’indignation est vive mais la réaction militaire inexistante. John F. Kennedy, tout en condamnant la construction, y voit un moyen d’éviter un affrontement direct avec l’URSS. Le Mur devient rapidement l’incarnation du « rideau de fer », jalonné de drames : près de 5 000 personnes parviennent à s’évader avant 1989, mais au moins 239 sont abattues par les garde-frontières. Le 9 novembre 1989, sous la pression populaire et dans le contexte des bouleversements à l’Est, une confusion politique entraîne l’ouverture des points de passage. La foule se rue vers les checkpoints, marquant la fin du Mur et le début de la réunification allemande.

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