Alors que la bande de Gaza subit une nouvelle vague de bombardements massifs, un proche conseiller de Benjamin Netanyahou est arrivé à Washington pour relancer les discussions sur un cessez-le-feu avec les États-Unis. Une énième tentative diplomatique qui tranche avec la réalité du terrain, où les frappes israéliennes ont tué au moins vingt personnes en 24 heures et déplacé des milliers de civils.
Ce lundi, les quartiers de Shejaia, Zeitoun, Khan Younis et Rafah ont été visés par l’artillerie et l’aviation israéliennes. Tandis que les chars progressaient en plein tissu urbain, les autorités locales décrivent des scènes d’exode répétées, dans une population déjà épuisée par des mois de guerre. Des tentes improvisées se dressent au bord des routes, sans vivres, ni accès aux services de base.
Dans ce chaos, la délégation israélienne à Washington tente de préparer la visite officielle de Netanyahou prévue la semaine prochaine à la Maison Blanche. Selon les premiers éléments communiqués, les discussions porteraient sur un cessez-le-feu partiel avec le Hamas. Ce dernier a déjà fait savoir qu’il restait ouvert à une trêve, mais qu’il « ne se rendra jamais », tout en continuant d’exiger des garanties sur la fin des attaques israéliennes et la levée du blocus.
Le timing de ces négociations, alors que Gaza est de nouveau ravagée, interroge. Pour Tel-Aviv, il s’agit sans doute de gagner du temps tout en conservant une posture militaire dure afin de maintenir la pression sur le Hamas. Pour Washington, englué dans une campagne présidentielle et sous le feu des critiques progressistes, il faut à tout prix afficher une posture « équilibrée »… sans rien contraindre réellement.
Quant à l’Union européenne, elle brille une fois de plus par son absence. Engoncée dans ses divisions internes, incapable d’infléchir la politique israélienne, Bruxelles se contente d’appels creux à la « désescalade », pendant que des quartiers entiers de Gaza sont réduits à l’état de ruines fumantes.
Ce nouvel épisode illustre le déséquilibre structurel du conflit : une guerre menée par une armée parmi les plus puissantes du monde contre une population enfermée, où toute trêve n’est qu’un sursis avant la prochaine vague de feu. Et pendant que l’on discute dans les salons de Washington, c’est la population civile qui continue de payer le prix du sang.