Les chefs des agences spatiales américaine et russe se sont rencontrés jeudi en Floride, dans un échange diplomatique rarissime sur fond de tensions internationales, pour discuter de coopération autour de la Lune et du futur de la Station spatiale internationale. Cette réunion en personne entre Sean Duffy, administrateur temporaire de la NASA, et Dmitri Bakanov, directeur de Roscosmos, marque la première rencontre de ce type depuis 2018.
Organisée au Centre spatial Kennedy à Cap Canaveral, cette entrevue coïncidait avec le lancement conjoint de la mission SpaceX Crew-11, qui comprenait notamment le cosmonaute russe Oleg Platonov. Si la NASA n’a pas commenté publiquement la réunion ni fourni de compte-rendu, Roscosmos a confirmé que les discussions avaient porté sur une possible collaboration sur la Lune, des projets d’exploration de l’espace lointain, ainsi que le maintien des opérations conjointes sur la Station spatiale internationale (ISS).
Cette rencontre inattendue intervient alors que les relations diplomatiques entre Washington et Moscou restent gelées, en particulier depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le secteur spatial est l’un des rares domaines où la coopération bilatérale s’est maintenue, bien que fragilisée à plusieurs reprises par des différends géopolitiques.
Selon Roscosmos, la délégation russe était présente en Floride à l’occasion du lancement de l’équipage Crew-11, composé d’astronautes américains, japonais et russes, témoignant d’une collaboration technique toujours active malgré les tensions politiques. La présence du cosmonaute Platonov à bord illustre la continuité de l’accord de rotation croisée entre les agences spatiales, initié en 2022.
L’intérêt partagé pour l’exploration lunaire pourrait offrir une opportunité de relance partielle du dialogue. Alors que les États-Unis poursuivent leur programme Artemis en partenariat avec des agences comme l’ESA et la JAXA, la Russie développe de son côté des projets avec la Chine, tout en maintenant un pied dans la coopération occidentale. La tenue de cette réunion suggère une volonté des deux camps de préserver, voire d’étendre, une collaboration stratégique dans l’espace, au-delà des clivages terrestres.