Le gouvernement prévoit un effort massif de 200 milliards d’euros pour moderniser les réseaux électriques français, a annoncé dimanche le ministre de l’Économie Roland Lescure sur BFMTV. Cet investissement vise à rénover les infrastructures de transport et de distribution, dont une partie remonte à l’après-guerre. Selon lui, il s’agit d’un préalable indispensable à la transformation du mix énergétique et à la montée en puissance des capacités de production.
Ces financements s’inscrivent dans la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dévoilée cette semaine. Le texte fixe les orientations énergétiques de la France à l’horizon 2035, avec un double objectif : renforcer la souveraineté énergétique et accélérer la décarbonation. Le gouvernement entend notamment soutenir la relance de la consommation d’électricité d’origine nucléaire pour substituer les énergies fossiles importées.
La troisième PPE marque un tournant avec une relance affirmée du nucléaire. Elle prévoit l’optimisation du parc existant, la construction de six nouveaux réacteurs et huit supplémentaires en option, rompant avec la précédente feuille de route qui programmait la fermeture de 14 réacteurs. En parallèle, l’exécutif confirme l’accélération de l’éolien en mer, tandis que les objectifs pour l’éolien terrestre et le solaire ont été revus à la baisse en raison d’une demande électrique moins dynamique qu’anticipé.
Roland Lescure a écarté toute idée de moratoire sur l’éolien, tout en évoquant une répartition plus équilibrée sur le territoire. Certaines régions déjà fortement équipées ne verront pas leur parc augmenter, mais d’autres, notamment dans l’Ouest, pourraient accueillir de nouvelles installations ou remplacer des éoliennes anciennes par des modèles plus puissants. Le ministre a enfin rappelé que 45 000 foyers restaient privés d’électricité dimanche après le passage de la tempête Nils.