Wall Street s’envole après l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine
Wall Street s’envole après l’accord commercial entre les États-Unis et la Chine

Les États-Unis et la Chine ont annoncé lundi un accord surprise visant à réduire temporairement leurs droits de douane réciproques, une avancée majeure qui apaise les marchés financiers et ravive les espoirs d’un apaisement durable des tensions commerciales entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales. Cet accord, conclu à Genève après des négociations de haut niveau, marque la première rencontre en face-à-face entre les deux parties depuis le retour de Donald Trump à la présidence.

Dans le cadre de cet accord, les droits de douane imposés par les États-Unis sur les produits chinois passeront de 145 % à 30 %, tandis que les taxes appliquées par Pékin sur les importations américaines chuteront de 125 % à 10 %. Ces allègements douaniers seront valables pour une durée initiale de 90 jours. L’annonce a immédiatement dopé les marchés : le dollar s’est renforcé face aux principales devises, et les places boursières, notamment européennes, ont bondi.

« Les deux pays ont très bien défendu leurs intérêts nationaux », a déclaré Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, à l’issue des discussions. Accompagné du représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, il a insisté sur la volonté partagée d’éviter un découplage économique total. « Ce que nous avons vécu ces derniers mois ressemblait à un embargo. Personne ne veut de cela. Nous voulons du commerce », a-t-il affirmé.

Le conflit commercial, relancé par Trump dès son retour au pouvoir, avait interrompu près de 600 milliards de dollars d’échanges bilatéraux, alimenté des craintes de stagflation mondiale, et provoqué des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, notamment dans les secteurs des semi-conducteurs, des médicaments et de l’acier. En réaction, la Chine avait durci ses propres mesures, notamment en restreignant l’exportation de terres rares cruciales pour les industries américaines.

La détente annoncée a immédiatement profité à plusieurs grands groupes européens exposés aux échanges transpacifiques. Le géant du transport maritime Maersk a vu son action grimper de plus de 12 %, tandis que les titres de LVMH et de Kering ont respectivement progressé de 7,4 % et 6,7 %. Les contrats à terme à Wall Street ont également enregistré une nette hausse, les investisseurs saluant une mesure qui pourrait permettre d’éviter une récession mondiale.

Zhiwei Zhang, économiste en chef chez Pinpoint Asset Management à Hong Kong, a qualifié l’accord de « bien meilleur que prévu », ajoutant qu’il pourrait considérablement réduire les pressions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. « Cela rend les investisseurs beaucoup moins préoccupés par les dommages à court terme », a-t-il estimé.

L’accord de Genève ne cible pas de secteurs spécifiques, mais les États-Unis ont réaffirmé leur volonté de poursuivre un rééquilibrage stratégique dans des domaines sensibles. Par ailleurs, les discussions sur la lutte contre le trafic de fentanyl — un enjeu que Trump a lié à la sécurité nationale — ont été qualifiées de « très constructives », bien qu’issues d’un canal de négociation distinct.

En saluant une « réinitialisation totale… amicale mais constructive », Donald Trump a affiché son intention de tourner la page d’une confrontation commerciale brutale. Reste à voir si cette trêve tarifaire débouchera sur un accord durable, ou si elle ne constitue qu’un sursis dans une rivalité structurelle aux enjeux géopolitiques majeurs.

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