Éolien offshore : l’État ferme le robinet quand le vent ne rapporte plus
Éolien offshore : l’État ferme le robinet quand le vent ne rapporte plus

Produire de l’électricité à perte, c’est fini. Le gouvernement a décidé de couper court aux subventions illimitées versées aux parcs éoliens en mer lorsqu’ils génèrent de l’énergie sans rentabilité. Trois sites sont dans le viseur : Fécamp, Saint-Brieuc et Saint-Nazaire. Jusqu’ici, ces parcs étaient contraints de produire à plein régime, quelle que soit la demande ou le prix du marché. Résultat : en période de prix négatifs – quand l’électricité ne vaut littéralement plus rien – l’État continuait de garantir des revenus aux exploitants, creusant le déficit public. L’aberration est désormais corrigée : de nouveaux avenants aux contrats imposent aux exploitants de stopper la production lorsque le marché s’effondre.

Un changement de cap pour l’ensemble du secteur

La décision ne concerne pas seulement l’offshore. Le ministère de l’Économie prépare des textes similaires pour l’éolien terrestre. Une réforme globale est en route, avec de futurs contrats conçus pour décourager toute production en période creuse. Au premier semestre 2024, 235 heures de prix négatifs ont coûté environ 80 millions d’euros au budget public. Pour les détracteurs de l’éolien, qui dénoncent régulièrement son intermittence et sa dépendance aux subventions, cette mesure sonne comme une petite revanche. Pour les exploitants, c’est une alerte : le vent ne suffit plus à faire tourner les affaires.

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