C’est désormais officiel : le mode de calcul du Diagnostic de performance énergétique (DPE) évoluera à partir du 1er janvier 2026. Un arrêté publié ce mardi au Journal officiel confirme la mesure annoncée en juillet par François Bayrou, destinée à rééquilibrer le sort des logements chauffés à l’électricité.
Un coefficient d’électricité revu à la baisse
Le cœur de la réforme réside dans le coefficient appliqué à l’électricité pour traduire la consommation en énergie primaire. Jusqu’ici fixé à 2,3, il passera à 1,9, rapprochant ainsi l’électricité du gaz naturel (coefficient 1). Résultat : près de 850 000 logements aujourd’hui classés F ou G devraient sortir de la catégorie des passoires énergétiques, selon le gouvernement. Dans la pratique, la bascule ne permettra pas de gagner plus d’un cran sur l’échelle allant de A à G, mais pour de nombreux propriétaires, ce changement pourrait suffire à remettre leur bien sur le marché locatif. L’arrêté prévoit également que les anciens diagnostics pourront être actualisés gratuitement via la plateforme de l’Ademe. Les propriétaires n’auront pas besoin de refaire appel à un diagnostiqueur : une simple attestation de nouvelle étiquette pourra être téléchargée en ligne.
Entre soulagement et critiques
Cette révision satisfait les professionnels de l’immobilier, qui saluent un coup de pouce aux bailleurs menacés d’interdiction de louer leur bien. Elle est en revanche dénoncée par certaines associations de consommateurs, qui y voient une réforme « arbitraire » affaiblissant un dispositif censé encourager les rénovations. Pour elles, ce geste favorise surtout les propriétaires au détriment des locataires contraints de vivre dans des logements mal isolés. Le gouvernement, de son côté, présente la réforme comme un signal fort en faveur de l’électrification des logements et de la sortie des chaudières fossiles. La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher insiste sur l’effet incitatif attendu : orienter les ménages vers la pompe à chaleur et cibler plus efficacement les aides à la rénovation énergétique. En corrigeant ce qu’il jugeait une « inégalité de traitement » entre électricité et gaz, l’exécutif assume une réforme technique mais hautement politique, qui influencera dès 2026 la cartographie des passoires énergétiques en France.