Assurance chômage : le régime en déficit, plus du tout de marges de manœuvre 
Assurance chômage : le régime en déficit, plus du tout de marges de manœuvre 

L’Unédic, en charge de la gestion de l’assurance chômage, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. En 2025, le régime enregistrera un déficit de 300 millions d’euros, selon ses prévisions actualisées dévoilées ce jeudi. Une situation qui s’aggrave (le précédent chiffre, publié en février, tablait sur un déficit de 200 millions), et qui illustre un désendettement devenu presque impossible à engager. En cause, selon les gestionnaires : les ponctions successives de l’État, jugées de plus en plus déstabilisatrices. D’ici 2026, l’Unédic prévoit que la dette atteindra près de 60 milliards d’euros (dont 18 milliards hérités de la crise du Covid). Les partenaires sociaux qui pilotent l’organisme dénoncent un système « sous contraintes », dont la capacité à jouer un rôle d’amortisseur social en cas de crise est sérieusement affaiblie.

Des recettes amputées, une autonomie financière minée

L’État a en effet puisé plus de 12 milliards d’euros dans les caisses de l’Unédic depuis 2023, notamment pour financer France Travail et France Compétences. « À chaque amélioration de nos comptes, l’État récupère les bénéfices », dénonce Jean-Eudes Tesson (Medef), président de l’organisme, qui pointe un risque croissant pour l’autonomie du régime. Patricia Ferrand (CFDT), vice-présidente, alerte, elle aussi, sur un risque systémique : « Si une crise économique surgit demain, l’assurance chômage ne pourra pas jouer son rôle de filet de sécurité ». À l’horizon 2027, les projections redeviendraient positives (solde estimé à +5,3 milliards d’euros), mais uniquement si aucune nouvelle ponction de l’État n’est décidée d’ici là. 

Sur le front de l’emploi, la conjoncture reste fragile 

L’Unédic anticipe la destruction de 91 000 emplois en 2025, avant une timide reprise en 2026 (avec +55 000 postes), puis un rebond plus significatif en 2027 (+174 000). Le taux de chômage, actuellement à 7,4 %, est attendu en légère hausse (7,6 % mi-2025 selon l’Insee, 7,7 % en 2026 selon la Banque de France), avant un retour à 7,4 % en 2027. Le nombre d’allocataires, lui, baissera mécaniquement : les réformes de 2023 et 2025 ont réduit la durée d’indemnisation de 25 %, entraînant un recul du nombre de chômeurs indemnisés (2,7 millions fin 2024, contre 2,5 millions attendus fin 2027).

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