Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné, jeudi 18 décembre, Leïla Y., 42 ans, à deux ans et demi de prison ferme pour avoir administré des substances nuisibles à une famille chez laquelle elle travaillait comme nourrice. Elle avait versé des produits ménagers dans des boissons, des aliments et des cosmétiques utilisés par ses employeurs, de confession juive. En revanche, la circonstance aggravante d’antisémitisme n’a pas été retenue par les juges.
Les faits remontent à la fin de l’année 2023. Employée pendant plusieurs semaines pour garder trois enfants, la nourrice aurait agi après un différend salarial, sur fond de tensions apparues après le 7 octobre. Lors de l’enquête, la mère de famille avait signalé des brûlures aux yeux après l’utilisation d’un démaquillant, ce qui avait conduit à la découverte de plusieurs produits contaminés.
Une responsabilité pénale reconnue, mais un mobile contesté
À l’audience, la prévenue a livré des versions contradictoires, reconnaissant d’abord avoir ajouté des produits « sans gravité », avant de nier toute intention et d’évoquer des pressions policières. Malgré ces revirements, le tribunal a estimé que les faits étaient établis et constituaient une trahison grave de la confiance accordée à une personne chargée de la garde d’enfants.
En revanche, les magistrats ont jugé que les éléments apportés ne permettaient pas de caractériser juridiquement un mobile antisémite, notamment en raison du contexte et du moment auquel certains propos avaient été rapportés. La nourrice a également été condamnée pour usage de faux, en lien avec une fausse carte d’identité, et frappée d’une interdiction du territoire français pendant cinq ans.