Un menuisier de 50 ans, au crâne lisse et aux lunettes criardes, a cru pouvoir jouer les pères modèles tout en brisant l’innocence de ses cinq enfants. Le tribunal de La Roche-sur-Yon l’a condamné pour des agressions sexuelles incestueuses sur ses quatre enfants et sa belle-fille, mineurs à l’époque. Dix ans de cauchemars, qu’il ose réduire à “de simples chatouilles”. L’audace est écœurante, les faits, accablants.
Une vérité arrachée par le courage
Tout bascule en février 2024, quand la belle-fille, alors adolescente, brise le mur du silence. À 11 ans, elle subissait les caresses de son beau-père dans sa chambre, avec des questions obscènes sur son “plaisir”. De 2015 à 2018, les agressions se multiplient, profitant des absences de sa mère. “Elle s’est tue pour ne pas détruire la famille”, plaide son avocate. Son témoignage libère les autres voix : les quatre enfants, âgés de 4 à 14 ans à l’époque des faits, décrivent un cauchemar similaire. Douches imposées avec leur père, attouchements sur le sexe, les seins, les fesses – parfois sous les vêtements. Une fillette interdite de culotte la nuit. Un garçonnet dont le père glisse la main dans son pyjama, sous les yeux de la grand-mère.
Un déni qui défie l’entendement
À la barre, l’accusé, menuisier sans casier gagnant 1 600 euros par mois, s’enferme dans un déni glaçant. “Une machination”, assène-t-il, face aux récits concordants de ses cinq enfants. Il esquive la scène où la grand-mère l’a surpris, main dans le pyjama de son fils : “C’était pour le porter.” Les expertises psychologiques dressent le portrait d’un homme “autocentré”, incapable de voir ses enfants comme des victimes. À la question “Mentent-ils tous ?”, il répond oui, sans ciller. Une vague excuse – “Si j’ai eu des gestes déplacés, je m’excuse” – sonne comme une insulte. Après délibération, le verdict tombe : deux ans de prison avec sursis, interdiction de contact avec les victimes pendant trois ans, 1 500 euros par enfant et 500 euros à l’ex-compagne pour préjudice moral. Les victimes, marquées par des “troubles anxieux profonds”, restent aux côtés de leur mère et de Tiwi, la chienne assistante judiciaire, face à une justice qui semble bien clémente.