Un avocat marseillais met en demeure le département des Bouches-du-Rhône
Un avocat marseillais met en demeure le département des Bouches-du-Rhône

Accompagné de la mère d’une jeune fille prostituée à seulement 12 ans alors qu’elle était confiée à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), l’avocat Michel Amas a dénoncé publiquement ce jeudi, devant le palais Monthyon, les manquements du département des Bouches-du-Rhône. Avec son confrère Olivier Le Mailloux, il a adressé une mise en demeure à la présidente du conseil départemental, Martine Vassal, pour exiger une réponse à ce qu’ils qualifient de « défaillances graves ». La jeune fille avait été placée en foyer après signalement, mais selon ses défenseurs, elle a été baladée d’une structure à l’autre sans réel suivi médical, psychologique ou éducatif. 

Une adolescente livrée à elle-même malgré sa minorité

Aucun cadre protecteur n’aurait été mis en place pour l’empêcher de tomber dans la prostitution, qu’elle a connue dès l’âge de 12 ans. Sa mère réclame aujourd’hui la reconnaissance publique des erreurs de l’ASE, une indemnisation symbolique d’un euro, et surtout, la communication sous quinze jours de mesures concrètes pour éviter que de tels drames se reproduisent. Cette action s’inscrit dans une démarche plus large. Une autre mise en demeure a déjà été adressée au département de l’Essonne et une troisième est prévue pour celui des Yvelines. L’Aide sociale à l’enfance est régulièrement pointée du doigt. Depuis 2022, plus d’une dizaine de rapports ont alerté les pouvoirs publics sur des défaillances systémiques dans la protection des mineurs. En avril dernier, une plainte a même été déposée devant le comité des droits de l’enfant de l’ONU, visant directement la France pour « violations graves et récurrentes » des droits des enfants confiés.

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