Saint-Malo : pneus crevés et violences familiales, un couple toxique devant la justice
Saint-Malo : pneus crevés et violences familiales, un couple toxique devant la justice

Un couteau de cuisine, deux jeux de pneus crevés, des vidéos de surveillance accablantes, et un duo visiblement peu concerné par les décisions de justice. Au tribunal de Saint-Malo, un homme d’une soixantaine d’années et une femme de 38 ans ont comparu pour une série d’agissements visant l’ex-compagnon de cette dernière. Une affaire où la rancune sentimentale se transforme en expédition punitive. Tout commence à Dinard, dans un parking d’immeuble. La scène est filmée : un homme sort d’une voiture, armé d’un couteau de cuisine, et perce les pneus d’un véhicule stationné. Il reviendra une semaine plus tard, pour achever son œuvre, pile après que les pneus ont été remplacés. Face à l’évidence, il tente une justification bancale : il aurait agi pour récupérer de l’argent que lui devait la victime. 

Des dégâts qui coûtent cher

Montant approximatif ? « Des centaines d’euros », lâche-t-il, sans pouvoir préciser. Et la voiture ? « Elle m’a juste déposé », tente-t-il pour défendre l’ex-compagne du propriétaire du véhicule. Mais l’argument ne convainc ni la juge, ni l’avocat de la victime. L’ex-compagne a reconnu, lors de son audition, avoir agi par esprit de vengeance. Elle admet sa complicité mais nie en être l’instigatrice. La femme ne comparaissait pas uniquement pour cette affaire. Deux autres épisodes lui valent d’être sur le banc des accusés. Le premier : une scène houleuse sur le palier de son ex, qu’elle aurait tenté de faire chuter dans l’escalier alors qu’elle était en colère et alcoolisée. Une vidéo existe, mais ne prouve pas clairement les faits selon son avocate. Le second incident s’est déroulé à l’école maternelle, où elle a tenté de récupérer leur fille de trois ans et demi en tirant l’enfant par le bras, provoquant une douleur. « Un accident », plaide-t-elle. La justice, elle, y voit une violence sur mineur.

Peines avec sursis et rappel à l’ordre

Le duo, surpris en pleine conversation dans la salle d’audience malgré une interdiction de contact judiciaire, s’est vu sèchement rappeler à l’ordre par la présidente. Le creveur de pneus écope de 300 euros d’amende avec sursis. La mère de famille, elle, est condamnée à trois mois de prison avec sursis pour la première affaire, et à quatre mois avec sursis probatoire pour les violences sur son enfant, assortis d’une obligation de soins et d’un stage de responsabilité parentale. En plus de devoir rembourser les dommages matériels (1 316 €) et les frais de procédure (1 200 € au total), elle devra verser 300 € de préjudice moral à son ex-conjoint, et 900 € à sa fille. Pour la victime, contrainte de déménager et sous antidépresseurs, la page judiciaire se tourne. Reste à voir si ce sera suffisant pour tourner la page familiale.

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