Permission controversée à Vendin le Vieil, le détenu réintègre sa cellule
Permission controversée à Vendin le Vieil, le détenu réintègre sa cellule@Tf1

Lundi soir, un détenu de 52 ans incarcéré au centre pénitentiaire de Vendin le Vieil a regagné sa cellule après une journée de permission accordée dans le cadre d’une recherche d’emploi. Cette sortie, autorisée entre 7 heures et 21 heures, avait suscité une vive controverse, en particulier parmi les syndicats de police qui y voyaient une décision en décalage complet avec la dangerosité du profil concerné. L’homme, considéré comme l’un des narcotrafiquants les plus dangereux du pays, devait effectuer un aller-retour dans l’agglomération lyonnaise en prenant un TGV au départ de Lille, une configuration qui a renforcé l’incompréhension de certains observateurs face à l’absence d’escorte policière. Un suivi discret avait pourtant été mis en place par le ministère de l’Intérieur pour encadrer la journée du détenu, détail glissé par l’entourage du ministre Laurent Nuñez qui cherchait à prévenir toute polémique supplémentaire.

Un dispositif critiqué malgré le retour du détenu

La permission avait pour objectif d’évaluer un projet professionnel censé préparer la sortie future du quinquagénaire. L’intéressé n’avait pas quitté la détention depuis quatorze ans et son avocate expliquait que ce déplacement devait lui permettre de rencontrer un employeur potentiel pour consolider un parcours d’insertion. Une personne de son entourage l’avait accompagné, conformément au cadre fixé. Malgré l’absence d’incident et le respect des horaires imposés, la décision a déclenché une vague de protestations dans les rangs syndicaux. Certains représentants du personnel pénitentiaire estimaient que cette autorisation ne correspondait ni aux réalités opérationnelles ni à la vocation du quartier de lutte contre la criminalité organisée qui accueille ce détenu. Selon eux, une telle mesure affaiblirait la crédibilité de ce régime de détention renforcé censé limiter les risques et maintenir un contrôle strict sur les profils criminels majeurs.

Un avis favorable qui divise la chaîne judiciaire

Le directeur du centre pénitentiaire et le parquet de Béthune s’étaient prononcés contre la permission, arguant du niveau de risque associé à ce type de profil. Le juge d’application des peines avait néanmoins estimé que les garanties apportées étaient suffisantes, décision ensuite confirmée par la cour d’appel de Douai saisie par le parquet. Cette divergence entre magistrats et autorités pénitentiaires a nourri le débat sur le degré d’assouplissement acceptable dans le suivi des détenus liés au narcotrafic. Le retour sans incident du prisonnier ne semble pas avoir apaisé les critiques, certaines voix estimant que cette affaire illustre les tensions persistantes autour des règles applicables aux criminels organisés et les marges d’appréciation laissées aux juridictions pour aménager leur détention.

Partager