Un commissaire de police, condamné en 2024 pour avoir ordonné une charge lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à Nice en 2019, est rejugé mercredi devant la cour d’appel de Lyon. Cette intervention avait grièvement blessé Geneviève Legay, alors âgée de 73 ans. À 80 ans aujourd’hui, elle s’est présentée au tribunal entourée de militants d’Attac venus lui apporter leur soutien.
Le 23 mars 2019, la militante participait à un rassemblement non autorisé dans le centre-ville de Nice. Des images la montrant debout avec un drapeau arc-en-ciel, puis étendue au sol après une charge des forces de l’ordre, avaient largement circulé. Hospitalisée pendant deux mois pour des fractures multiples, notamment au crâne, elle souffre encore de séquelles, avec des troubles persistants de l’équilibre et des sens.
Une décision contestée par la défense
En première instance, le tribunal correctionnel de Lyon avait infligé au commissaire Rabah Souchi une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis pour complicité de violences par personne dépositaire de l’autorité publique. Le ministère public avait estimé que l’ordre de dispersion donné ce jour-là ne répondait pas aux critères de nécessité et de proportionnalité.
La défense soutient que le commissaire n’a fait que transmettre une instruction et que son exécution relèverait d’un autre agent. Geneviève Legay, de son côté, a déclaré espérer que la décision à venir puisse servir de référence pour d’autres affaires liées aux violences survenues durant le mouvement des « gilets jaunes ».
Par ailleurs, dans un contentieux administratif distinct, le tribunal administratif de Nice a jugé en mai 2024 que l’État portait 80 % de la responsabilité des blessures, considérant qu’elles découlaient directement d’une décision des autorités. Il a toutefois retenu une part d’imprudence de 20 % à la charge de la manifestante.