Isère : attaques en série contre les agents pénitentiaires, l’antiterrorisme mobilisé
Isère : attaques en série contre les agents pénitentiaires, l’antiterrorisme mobilisé

Ce n’est plus un hasard, c’est une menace assumée. Le parquet national antiterroriste (Pnat) a pris la main sur une enquête particulièrement sensible, après de nouvelles attaques visant des domiciles d’agents pénitentiaires à Villefontaine, dans l’Isère. Tirs à l’arme à feu, cocktails Molotov, tags intimidants : les auteurs, signant sous le nom de « DDPF » (Défense des droits des prisonniers français), semblent décidés à amplifier la pression sur les personnels carcéraux. La violence des faits ne laisse guère planer le doute sur les intentions des agresseurs. Dans la nuit de dimanche à lundi, un pavillon a été incendié, une porte brûlée et plusieurs impacts de balles relevés sur les façades de maisons dans un quartier résidentiel proche de la prison de Saint-Quentin-Fallavier. Sur l’une des habitations visées, un tag explicite « DDPF » confirme l’origine revendiquée de ces attaques. Pourtant, selon le syndicat FO Justice, les assaillants se seraient trompés de cible, attaquant par erreur le domicile d’un voisin au lieu de celui d’un surveillant pénitentiaire clairement visé.

La menace s’intensifie, le ministère hausse le ton

Face à la gravité de ces actes, une enquête pour « tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique », « association de malfaiteurs terroriste » et « dégradation en bande organisée » a immédiatement été ouverte. Les investigations, confiées conjointement à la police judiciaire et à la DGSI, révèlent à quel point les autorités prennent la menace au sérieux. Bien qu’aucune victime physique ne soit à déplorer, le message est clair : intimider, terroriser, fragiliser les représentants de l’ordre carcéral. Sur le réseau social X, Gérald Darmanin s’est voulu ferme. Le ministre de l’Intérieur condamne ces actes comme des attaques directes contre l’autorité de la République, promettant une réponse forte et rapide. Selon lui, ces agressions interviennent précisément au moment où le gouvernement tente de rétablir de l’ordre et de la discipline dans le système pénitentiaire. Le ministre de la Justice, de son côté, assure que les auteurs seront rapidement identifiés et arrêtés.

Un mystérieux groupe aux revendications radicales

Mais qui se cache derrière le sigle « DDPF » ? Depuis la mi-avril, ce groupe, actif principalement sur la messagerie cryptée Telegram, multiplie les menaces, diffuse des vidéos provocatrices et assume ouvertement des attaques violentes contre les établissements pénitentiaires et leurs personnels. Se définissant comme défenseur des « droits fondamentaux des prisonniers », le mouvement se radicalise et multiplie les provocations à l’encontre de Gérald Darmanin, accusé de porter atteinte aux libertés individuelles des détenus. Face à l’inquiétude grandissante suscitée par ces attaques répétées, toutes les hypothèses sont désormais envisagées par le parquet national antiterroriste : mouvances d’ultragauche radicalisées, infiltrations étrangères, voire règlements de comptes liés au narcotrafic. Si les pistes restent encore floues, une chose demeure certaine : les agents pénitentiaires sont aujourd’hui directement pris pour cibles, signe d’une dangereuse escalade que les autorités tentent désespérément de contenir.

Partager