Elle s’est battue pour faire entendre sa voix dans un procès hors norme, refusant le huis clos et imposant une parole libre sur les violences sexuelles. Aujourd’hui, Gisèle Pelicot, devenue figure féministe après avoir affronté ses agresseurs devant la cour criminelle de Vaucluse, va porter plainte contre Paris Match. L’hebdomadaire a publié ce jeudi 17 avril sept photographies d’elle prises dans l’espace public, sans son consentement. Sur ces clichés, elle apparaît aux côtés d’un homme présenté comme son nouveau compagnon, déambulant dans les rues de la commune où elle vit désormais. Certaines images la montrent également suivie d’une équipe de tournage, ce que Paris Match interprète comme les prémices d’une adaptation de son histoire pour HBO — une information que son avocat dément catégoriquement.
Une nouvelle violence pour une femme marquée par l’intrusion
« C’est très choquant », a réagi Me Antoine Camus, avocat de Gisèle Pelicot, dénonçant des « photos volées » et une nouvelle atteinte à l’intimité d’une femme dont le consentement a déjà été bafoué durant une décennie entière. « Après les 3 000 photos et vidéos prises à son insu par son ex-mari et ses complices, une paparazzade est un acte d’une violence symbolique considérable », a-t-il déclaré à l’AFP. L’avocat déplore également un mépris du combat mené par sa cliente : « Ils se fichent du message porté par Gisèle Pelicot, de la question du consentement, du libre arbitre. Ils ne voient qu’un produit à médiatiser. » Pour la septuagénaire, ce nouvel épisode est d’autant plus douloureux qu’elle tente actuellement de se reconstruire et travaille à un livre dans lequel elle souhaite reprendre le contrôle de son récit, librement et à sa manière. La plainte annoncée pourrait ouvrir une nouvelle bataille judiciaire, cette fois contre ceux qui, par l’image, prétendent s’emparer de sa vie sans l’écouter.