Il prétendait agir pour le bien de ses patientes. Mais la justice, elle, a vu un homme hors-la-loi. Un kinésithérapeute ostéopathe de 73 ans, établi à Nantes, vient d’écoper d’une interdiction définitive d’exercer après avoir réalisé des touchers rectaux et vaginaux injustifiables, selon plusieurs plaignantes. Si les juges n’ont pas retenu les atteintes sexuelles, l’exercice illégal de la médecine, lui, ne fait aucun doute.
Des gestes interdits… et pourtant pratiqués
Trois femmes au total ont déposé plainte contre le praticien. L’une d’elles a décrit un doigt dans l’anus, puis dans le vagin, lors de deux séances distinctes. Les autres sont venues consulter pour des douleurs dorsales et n’imaginaient pas ressortir avec ce type de “traitement”. Le professionnel, lui, s’est défendu en affirmant qu’il agissait par nécessité thérapeutique. Un argument balayé par la justice : les actes en question sont formellement prohibés dans le cadre de l’ostéopathie. Le décret de 2007 est pourtant limpide : les touchers rectaux, pelviens ou gynéco-obstétricaux sont strictement interdits aux ostéopathes, quelles que soient les circonstances. En kinésithérapie, un tel geste peut être envisagé, mais uniquement sur prescription médicale et avec un consentement écrit. Dans le cas présent, aucun de ces critères n’était réuni.
Une radiation tardive après des alertes anciennes
L’affaire n’a rien de soudain. Dès 2014, des dénonciations avaient été émises contre ce même professionnel. Mais il a continué à exercer, se targuant même d’avoir suivi plus de 10 000 patients depuis les années 1980. L’expérience, visiblement, n’immunise pas contre les dérives. Si les accusations d’agression sexuelle n’ont pas été retenues — un fait qui suscitera sans doute incompréhension et colère chez certaines victimes —, la décision d’interdire à vie ce soignant d’exercer vient clore un long flou autour de pratiques médicales non autorisées, qui n’auraient jamais dû dépasser la salle d’attente.