Brest : trois agents de la brigade urbaine accusés de violences et suspendus
Brest : trois agents de la brigade urbaine accusés de violences et suspendus

Créée en 2022 pour dialoguer avec les habitants et apaiser l’espace public, la brigade de tranquillité urbaine de Brest se retrouve au cœur d’un scandale judiciaire. Trois de ses agents sont poursuivis pour avoir agressé une personne sans domicile fixe avec une bombe lacrymogène, en dehors de tout cadre professionnel. Ils comparaîtront le 24 novembre devant le tribunal correctionnel.

Violences en réunion et faux en écriture

Les faits remontent au 30 juin. Selon les éléments de l’enquête révélés par Le Télégramme et confirmés par le parquet, les trois agents auraient retrouvé et attaqué la victime plusieurs heures après une première intervention conflictuelle. En plus des accusations de violences aggravées, ils devront répondre de faux en écriture, soupçonnés d’avoir maquillé leur version des événements. Placés en garde à vue le 9 juillet, les agents ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer leur profession dans l’attente de leur procès.

Une unité expérimentale dans la tourmente

La ville de Brest, seule grande commune de France sans police municipale, avait lancé cette brigade en novembre 2022 pour lutter contre les incivilités en misant sur la proximité et la médiation. Les agents, aux pouvoirs limités, étaient censés assurer une présence rassurante dans les rues de la ville, en lien étroit avec les habitants et les commerçants. Alertée, la municipalité a immédiatement suspendu les agents concernés à titre conservatoire. Elle indique qu’en cas de condamnation, une procédure disciplinaire sera engagée conformément aux règles de la fonction publique. Le dossier met en lumière les tensions entourant ce modèle de sécurité sans police municipale, dans une ville qui avait pourtant fait le choix d’une approche douce et préventive.

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