Ajaccio : un homme de 47 ans incarcéré après avoir cru dialoguer avec une adolescente de 15 ans
Ajaccio : un homme de 47 ans incarcéré après avoir cru dialoguer avec une adolescente de 15 ans

Un habitant de Bocognano, en Corse-du-Sud, a été interpellé mardi à son domicile puis placé en détention provisoire après avoir échangé en ligne avec un internaute se présentant comme une adolescente de 15 ans. L’opération faisait en réalité partie d’un dispositif visant à démasquer d’éventuels prédateurs sexuels sur internet. L’arrestation a été déclenchée par un signalement déposé sur la plateforme gouvernementale Pharos, dédiée au repérage des contenus illicites en ligne. Le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, a confirmé l’information et salué le travail des gendarmes corses ayant mené l’enquête.

Plusieurs chefs d’accusation retenus

Le quadragénaire a été mis en examen pour propositions sexuelles adressées à un mineur de 15 ans par le biais d’un moyen de communication électronique, ainsi que pour détention et transmission d’images pornographiques impliquant un mineur de moins de 15 ans. Selon les précisions apportées par le magistrat, les faits liés aux propositions sexuelles se seraient déroulés en Corse-du-Sud entre janvier 2025 et avril 2026, tandis que les infractions relatives aux images couvriraient une période bien plus longue, de juin 2020 à juin 2026, et concerneraient à la fois la Corse-du-Sud et le nord de la France. L’homme a par ailleurs été placé sous le statut de témoin assisté pour corruption de mineur.

Cette affaire intervient alors que plusieurs interpellations similaires ont récemment marqué l’actualité judiciaire. La semaine précédente, un homme de plus de soixante ans avait déjà été mis en examen et incarcéré à Bastia après avoir été piégé sur le réseau TikTok. En mai, c’est un streamer connu sous le pseudonyme Finnyzyy qui avait, selon le même principe, contribué à l’identification d’un pédocriminel présumé en se faisant passer pour une jeune fille.

Ces méthodes de traque numérique, de plus en plus visibles, suscitent toutefois des réserves chez certains spécialistes de la protection de l’enfance. Si la démarche répond à un manque persistant de moyens consacrés à la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs, des voix issues du secteur associatif rappellent que la manière dont ces opérations sont menées peut, dans certains cas, s’avérer plus nuisible qu’utile pour les victimes et les procédures judiciaires elles-mêmes.

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