Le théâtre français a déroulé son tapis rouge lundi soir aux Folies Bergère, pour la 37e Nuit des Molières. Animée par Alex Vizorek et retransmise sur France 2, la cérémonie a récompensé les spectacles, comédiens, metteurs en scène et auteurs qui ont marqué la saison. 20 trophées ont été remis au fil de la soirée, auxquels s’est ajouté un Molière d’honneur attribué à Muriel Robin pour l’ensemble de sa carrière.
“Le Procès d’une vie”, grand vainqueur d’une soirée engagée
Le palmarès a consacré Le Procès d’une vie, pièce de Barbara Lamballais et Karina Testa, mise en scène par Barbara Lamballais, distinguée comme meilleur spectacle de théâtre privé. Le spectacle s’est imposé comme l’un des grands vainqueurs de la soirée, porté par un sujet fort autour du combat de l’avocate Gisèle Halimi et de l’évolution du droit à l’IVG en France. La pièce a aussi valu à Barbara Lamballais et Karina Testa le Molière de l’autrice francophone vivante, tandis que Jeanne Arènes a reçu le prix de la comédienne dans un second rôle.
Le théâtre public couronne l’audace
Dans la catégorie théâtre public, I Will Survive, de Jean-Christophe Meurisse et des Chiens de Navarre, a remporté le Molière du meilleur spectacle. La mise en scène dans un spectacle de théâtre public est revenue à Joël Pommerat pour Les Petites Filles modernes, confirmant la place centrale de son univers dans cette édition. Côté théâtre privé, la mise en scène a récompensé Samuel Valensi et Paul-Éloi Forget pour Made in France.
Laurent Lafitte, Elsa Lepoivre et Josiane Balasko sous les projecteurs
Les prix d’interprétation ont mis à l’honneur des figures très attendues. Laurent Lafitte a été sacré comédien dans un spectacle de théâtre public pour La Cage aux folles, tandis qu’Elsa Lepoivre a reçu le Molière de la comédienne dans un spectacle de théâtre public pour Hécube, pas Hécube. Dans le théâtre privé, Jérôme Kircher a été récompensé pour Amadeus, et Josiane Balasko pour Ça, c’est l’amour. Les seconds rôles ont également été distingués, avec Laurent Stocker pour Les Femmes savantes et Jeanne Arènes pour Le Procès d’une vie.
Musical, humour, comédie : une scène ouverte à tous les registres
La soirée a aussi confirmé la vitalité des formes populaires et musicales. La Cage aux folles, mise en scène par Olivier Py, a remporté le Molière du spectacle musical, tandis que La Petite Boutique des horreurs a été saluée pour sa création visuelle et sonore. Le Molière de la comédie est revenu à Fin, Fin et Fin, de Lancelot Cherer, également récompensé comme révélation masculine. Dans la catégorie humour, Alex Lutz a été distingué pour Sexe, Grog et Rocking Chair.
Jeune public, seul en scène et révélations : la relève bien présente
Le palmarès a aussi laissé une place importante aux nouvelles voix et aux spectacles destinés à tous les publics. Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit a remporté le Molière du jeune public, tandis que Les Frottements du cœur, porté par Katia Ghanty, s’est imposé dans la catégorie seul en scène. La révélation féminine est revenue à Marina Pangos pour Le Chant des lions, confirmant l’attention portée par la cérémonie aux talents émergents.
Muriel Robin, l’émotion d’un Molière d’honneur
Moment particulièrement marquant de la soirée, Muriel Robin a reçu un Molière d’honneur, après neuf nominations sans récompense jusqu’ici. Cette distinction est venue saluer une énorme carrière, entre humour, théâtre, télévision et cinéma. L’émotion de la comédienne a donné à cette 37e cérémonie l’un de ses instants les plus forts, rappelant que les Molières restent d’abord une célébration du lien entre les artistes, les scènes et le public.