Le silence est rompu. Ce jeudi 4 décembre, Moha La Squale, de son vrai nom Mohamed Bellahmed, a rompu des mois de mutisme sur les réseaux sociaux pour annoncer sa sortie de prison. Sur son compte Instagram, le rappeur et acteur franco-algérien de 30 ans a partagé une simple photo de lui devant un miroir, accompagnée d’un message laconique adressé à ses fans : « Je vous aime la miff, j’ai encore besoin d’un peu de repos. À bientôt merci pour tous. » Une publication sobre qui marque le retour à la liberté d’une figure controversée du rap français, un an après une lourde condamnation.
Une libération effective depuis août, révélée seulement aujourd’hui
Si la nouvelle éclate aujourd’hui sur les réseaux, la libération du rappeur est en réalité effective depuis plusieurs mois. Son entourage a confirmé à RTL que Mohamed Bellahmed avait bien été libéré le 25 août 2025, date à laquelle il était devenu « libérable » après avoir purgé une partie de sa peine. Condamné en juillet 2024 à quatre ans d’emprisonnement dont trois fermes pour violences conjugales, séquestrations et menaces de mort envers six ex-compagnes, il avait déjà effectué 17 mois de détention provisoire au moment du verdict. Son parcours carcéral avait été marqué par un retour derrière les barreaux en février 2024 pour non-respect de son contrôle judiciaire, après une première remise en liberté.
Un retour sous le feu des projecteurs et des conditions judiciaires strictes
Son retour sur la scène publique, même virtuelle, ne signifie pas un retour à la vie d’avant. Le tribunal avait assorti sa condamnation de mesures strictes, notamment l’interdiction formelle d’entrer en contact avec les six plaignantes. Il avait également été condamné à les indemniser pour préjudice moral, à hauteur de 2 500 à 10 000 euros chacune. Cette annonce Instagram, bien que minimaliste, place d’emblée l’artiste sous le feu des projecteurs et des questionnements : quel accueil lui réservera le public ? Le milieu du rap lui tendra-t-il à nouveau le micro ? Sa carrière cinématographique, lancée avec le film Chien de la casse avant son incarcération, peut-elle redémarrer ?
Entre soutien des fans et lourdeur du passé
Les réactions en ligne à sa publication sont déjà partagées, oscillant entre messages de soutien enthousiastes de sa communauté – la « miff » – et rappels cinglants de la gravité des faits qui l’ont conduit en prison. En choisissant de communiquer via un réseau social, Moha La Squale reprend le contrôle de sa narration, pointant vers un besoin de « repos » avant un possible retour. Mais l’ombre de son procès et la souffrance des victimes, longuement médiatisées, planeront durablement sur cette seconde chance. Son avenir artistique se jouera désormais sur une corde raide, entre la rédemption personnelle, l’acceptation du public et le respect des contraintes judiciaires. Le premier acte de sa liberté s’est écrit sur Instagram. Le suivant, bien plus complexe, devra se vivre en dehors des écrans.