« John & Yoko - One to One », l’amour radical face à l’Amérique de Nixon
« John & Yoko - One to One », l’amour radical face à l’Amérique de Nixon

Le documentaire John & Yoko: One to One, en salles les 11 et 12 octobre 2025, propose une immersion fascinante dans la vie new-yorkaise de John Lennon et Yoko Ono au début des années 1970. Réalisé par Kevin Macdonald, ce film révèle un couple en lutte autant contre l’injustice que contre leurs blessures personnelles, dans une époque marquée par la guerre du Vietnam, la surveillance d’État et l’effervescence artistique.

Engagement politique et expérimentations artistiques

Installés fin 1971 à Greenwich Village, Lennon et Ono s’intègrent au cœur d’un New York en pleine ébullition, à la fois laboratoire créatif et centre névralgique de la contre-culture. Le film reconstitue leur quotidien dans leur petit appartement où une télévision allumée en permanence devient l’interface avec l’Amérique. C’est cette ambiance de zapping permanent que le documentaire épouse, mêlant images d’archives rares, programmes télé d’époque, vidéos personnelles et enregistrements inédits. Parmi ces documents, des conversations téléphoniques que le couple avait pris l’habitude d’enregistrer, convaincu d’être sous écoute.

Plus qu’un simple portrait de deux icônes, One to One dévoile un militantisme réfléchi et assumé. John et Yoko, à travers leur musique et leurs actions, cherchent à éveiller la jeunesse, dénoncer la guerre et défendre les opprimés. Le documentaire revient notamment sur leur projet de tournée à dimension politique, leur soutien aux Black Panthers et leur volonté de libérer des prisonniers afro-américains en réglant leurs cautions.

Mais ce militantisme leur vaut aussi l’hostilité du pouvoir. Le président Nixon et le FBI multiplient les tentatives d’expulsion contre Lennon, perçu comme une menace politique. Le film illustre cette tension, mais montre aussi un basculement : celui d’un engagement spectaculaire vers des actions plus concrètes et locales.

Intimité, drames familiaux et concert historique

Au-delà du discours politique, Kevin Macdonald explore aussi les fragilités intimes du couple. Lennon évoque son enfance douloureuse, entre abandon et retrouvailles fugaces avec sa mère. Ono, quant à elle, revient sur la haine raciste qu’elle a subie en Grande-Bretagne, et sur la perte traumatisante de sa fille Kyoko, enlevée par son père. Ce drame familial résonne dans l’un des moments les plus poignants du film : l’interprétation de Don’t Worry Kyoko, chanson déchirante dédiée à son enfant disparue.

Le documentaire culmine avec des images du double concert caritatif One to One, donné au Madison Square Garden en août 1972. Ce spectacle, seul concert solo complet de Lennon après les Beatles, a permis de récolter 1,5 million de dollars pour un centre pour enfants handicapés. Les performances live, restaurées par Sean Lennon, ponctuent le film et rappellent que chez ce couple, la musique et le message ne font qu’un.

Produit par le fils du couple, ce documentaire redonne à Yoko Ono sa place centrale : celle d’une artiste avant-gardiste, trop longtemps reléguée à l’ombre du mythe Lennon. En filmant John et Yoko dans leur environnement, sans voix off ni regard rétrospectif surplombant, One to One restitue leur combat pour un monde meilleur avec une intensité rare. Une archive vivante, politique et profondément humaine.

Que retenir rapidement ?

Le documentaire John & Yoko: One to One, en salles les 11 et 12 octobre 2025, propose une immersion fascinante dans la vie new-yorkaise de John Lennon

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